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Notre classe

« Ils sont en train de gagner la grève »

Moment de solidarité réussi pour le 35ème jour de grève des salarié-e-s de H.Reinier ONET !

Le repas de solidarité organisé ce soir pour les grévistes de H.Reinier Onet a réuni une centaine de personnes. Un moment de solidarité clé dans la poursuite de la grève pour repartir plus soudés et déterminés que jamais.

Depuis lundi soir, un comité de soutien des grévistes de H.Reinier Onet s’est mis en place pour aider les grévistes à visibiliser, populariser leur lutte et construire un mouvement de solidarité. L’une des idées proposée a été d’organiser un second repas solidaire ce mercredi avec musique et prises de parole.

Un moment de solidarité organisé juste après deux épisodes de répression contre les grévistes : le weekend dernier Onet et la SCNF a envoyé la police nationale pour nettoyer dlae force la gare de Saint-Denis, et dans la nuit de mardi à mercredi c’est la gare d’Ermont Eaubonne qui a été visée. La police a été envoyé pour casser la grève par la force, mais cette fois les grévistes et des soutiens ont réussi à faire échouer l’opération en mettant en avant son caractère totalement illégale. En effet, la direction d’onet fait appel à des travailleurs intérimaires, un secteur encore plus précaire que les agents du nettoyage eux-mêmes, qui sont appelés a travailler sur les lieux pour casser la greve et de manière totalement illégale, sans plan de prévention pour intervenir dans les emprises ferroviaires.

Depuis lundi des tracts ont été diffusés sur les différentes gares pour informer les usagers, les habitants et les inviter au repas solidaire. Les grévistes et soutiens ont également réalisé un collage dans la ville de Saint-Denis et ont décoré le parvis de la gare installant un barnum avec du café pour se rendre visible et discuter avec les passants. Mercredi, les grévistes et les soutiens étaient présents toute la journée afin de préparer la soirée.

35 jours de guerre

C’est finalement une centaine de personnes qui s’est réunie sur le parvis de la gare. Etaient présents les grévistes, des cheminots de Paris Nord, de Saint-Lazare, d’Amiens, différentes organisations comme la France Insoumise, Lutte Ouvrière et le NPA, des étudiants, des militants du NPA jeunes, du collectif de l’Attieke, de femmes en luttes 93, des représentants de la CGT HPE pour les grévistes de l’hôtel Holiday Inn Porte de Clichy qui en sont à leur 49ème jour de grève, de SUD éducation, de Solidaires, de la CGT Mcdo, des anciens grévistes de l’hôtel Campanile Tour Eiffel ou encore des militantes du CFR (collectif féministe révolutionnaire).

Au moment des prise de parole, les grévistes ont tenu à remercier les soutiens venus pour l’occasion et sont revenus sur l’épisode de répression de la nuit passée où ils ont réussi à tenir tête à Onet et à la police nationale. S’en sont suivis plusieurs interventions des différentes organisations, collectifs et associations présentes. Anasse, cheminot, délégué Sud Rail, est revenu sur cette grève exemplaire : "Ces grévistes ils nous ont tous mis à l’amende, ce sont de vrais guerriers et guerrières. C’est 35 jours de grève mais en réalité c’est 35 jours de guerre".

Un repas solidaire qui a réuni les grévistes, les soutiens et de nouvelles personnes qui se solidarisent peu à peu du mouvement. Depuis quelques jours, les grévistes commencent à gagner en visibilité, à sortir de l’oubli médiatique, attirant les grands médias qui au bout d’un mois de grève et les poubelles débordantes sur les différentes gares ont fini par venir voir les grévistes. Leurs visages commencent donc à être visibles sur les grandes chaînes comme France 2 ou sur France info, et leur grève à faire du bruit.

A la fin de la soirée, ce sont près de 2 000 euros qui ont à nouveau été collectés ce mercredi soir pendant que tous les jours des dons sont faits sur la caisse de grève en ligne. Des fonds nécessaires pour les grévistes dont la fiche de paie est à O et qui ont besoin de cet argent pour tenir la grève, payer leurs factures et vivre au quotidien.

Un moment de solidarité, de partage d’autant plus apprécié que la perspective de remporter la grève se rapproche pour les grévistes avec la direction d’Onet qui montre de jour en jour des signes de faiblesse. Les soutiens ont adressé leur solidarité, proposer leur aide et les grévistes restent de leur côté déterminés à poursuivre la lutte. Après avoir compté l’argent récolté, partagé quelques crêpes, les grévistes se sont donnés rendez vous le lendemain matin pour leur assemblée générale quotidienne. Ce mercredi soir plus que jamais il a semblé que la victoire est possible.

Une victoire qui aurait une signification énorme pour tous les autres précaires, tous les autres travailleurs, pour leur dire que même contre une société du CAC 40 il est possible de gagner, que les plus précaires, arabes, noirs, vieux, jeunes, avec ou sans papiers, des hommes, des femmes, sans expérience syndicale pour la plupart, dont c’est la première grève, sont capables de s’organiser et de gagner.




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