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Notre classe

Après l’acte IX

Montpellier. 200 Gilets Jaunes en Assemblée Générale, déterminés à poursuivre la lutte

Ce dimanche 13 janvier, 200 Gilets jaunes se sont réunis en Assemblée Générale à Montpellier, sur la Place des Grands Hommes à Odysseum. Pendant plusieurs heures, ils et elles ont débattu de leur vision du mouvement et de ses suites - notamment de la convergence avec les syndicats pour la construction d'une grève générale et de la convergence avec les quartiers populaires.

Depuis plusieurs semaines déjà, les Gilets jaunes de la région de Montpellier se structurent en Assemblée Générale. Ce dimanche, de nombreuses interventions sont revenues sur le caractère impressionnant et très encourageant de la manifestation des femmes qui a eu lieu à Montpellier pour l’acte IX. Dans l’ensemble du mouvement, ces dernières sont très nombreuses et visibles. Les femmes Gilets jaunes ont en effet de multiples raisons d’être en colère : elles vivent encore plus durement que les hommes la précarité, le chômage et la baisse du pouvoir d’achat. Cette réalité semble avoir très bien été comprise et les Gilets jaunes soutiennent très largement leur combat.

Au cours de cette Assemblée Générale, la question de la répression et de la légitimité de la violence de l’État est revenue de façon récurrente au cours des débats. À travers plusieurs interventions, il est apparu un certain consensus : les Gilets jaunes n’acceptent pas la division posée par les médias et le gouvernement entre les soi-disant « casseurs » et les manifestants plus « pacifistes ». Lors de la manifestation de la veille, les manifestants sont restés solidaires les uns des autres malgré les nombreuses charges, gaz, et tirs de flashball de la police, ce qui a permis d’éviter des interpellations de la BAC. Malgré certains débats tactiques sur les comportements en manifestation, un accord général s’est dégagé sur le fait que la violence sociale est bel et bien du côté de l’État et de sa police et non du côté des manifestants. Par ailleurs, les « street medics », ces manifestants qui s’organisent pour soigner sur le terrain les victimes de la répression, reçoivent une reconnaissance importante. Ils sont souvent les cibles de la répression, comme à Lille ce samedi.

Si la violence des forces de répression fait rage, celle-ci est à la hauteur de la violence sociale du programme de Macron contre les travailleurs et les précaires. Ainsi, les Gilets jaunes et les syndicalistes présents sont revenus sur les réformes prévues par Macron pour 2019. Dans le mouvement des Gilets jaunes s’expriment les conséquences sur nos conditions de vie des politiques menées par les précédents gouvernements pour nous faire payer la crise économique d’un système pourrissant. Mais Macron veut aller plus loin, plus fort en s’attaquant à nos pensions de retraites, nos services publics, à notre droit au chômage, etc. et en précarisant les fonctionaires. Le rejet de ce programme du gouvernement de Macron a fait l’unanimité.

Dans la même foulée, s’est posée la question de la jonction avec tous les secteurs victimes de la politique de Macron. Si le mouvement s’est massifié pour l’acte IX, il encore possible de faire rentrer dans la danse de nouveaux secteurs. D’une part, les étudiants sont violemment attaqués : après la sélection à l’entrée à l’université, on s’achemine aujourd’hui vers la généralisation de frais d’inscription exorbitants. Et si les lycéens ont commencé à relever la tête, la réponse des étudiants pourrait également être déterminante dans la période. D’autre part, l’idée la plus évoquée comme perspective de développement du mouvement a été la jonction avec les syndicats : travailler à sortir les directions syndicales de Matignon afin de construire un « tous ensemble » contre Macron et son monde par la grève générale. C’était d’ailleurs le sens de l’initiative de rencontre entre Gilets jaunes et syndicats qui a eu lieu jeudi à Montpellier et dans d’autres villes en France.

Une autre idée de convergence a été très largement approuvée : se joindre aux quartiers populaires, dont les habitants sont parmi les premières victimes de la violence sociale. Ainsi, la manifestation de samedi prochain partira à 13h des Halles de La Paillade – quartier populaire de Montpellier – afin de rejoindre tous ensemble le centre ville.

Plusieurs perspectives s’offrent aux secteurs des Gilets jaunes qui s’organisent dans les Assemblées Générales. D’une part, le mouvement conserve un certain flou sur ses propres revendications, qu’il serait possible et souhaitable de clarifier. D’autre part, les Assemblées Générales gagneraient à être massifiées afin qu’elles regroupent d’avantage qu’un secteur restreint des Gilets jaunes. Cela pourrait donner bien plus de force aux décisions et discussions qui s’y déroulent. La structuration du mouvement à Montpellier avance et donne lieu à des avancées très progressistes, à l’image de la jonction consciente avec les quartiers populaires.

Crédit photo : Révolution permanente




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