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Genres et Sexualités

« Nenhuma a menos ! »

Mort de Tatiane Spitnez : la réalité des féminicides en vidéo

Les images extrêmement violentes du passage à tabac et de la mort de Tatiane Spitzner, une femme brésilienne de 29 ans violentée par son mari défilent sur la toile dans le monde entier. Un féminicide qui alerte sur l’urgence qu’il y a à lutter contre les violences faites aux femmes.

Après avoir été frappée dans sa voiture par son mari Luís Felipe Manvailer, puis traînée de force et tabassée dans l’ascenseur de son immeuble, pour finir par faire une chute mortelle de cinq étages à 2h57, voilà comment est morte Tatiane Spitzner, avocate brésilienne de 29 ans. Puis son mari est allé chercher son corps, a nettoyé les traces de sang pour s’enfuir en voiture au moment où la police arrivait sur la scène du crime. Les images, diffusées le 5 août à la télévision brésilienne sont celles des différentes caméra de surveillance qui ont filmé la scène, à l’exception de sa chute. Et ainsi son mari dit désormais qu’il ne l’a pas tué mais que Tatiane Spitzner se serait suicidée. Après l’avoir battu, jusqu’au sang, durant plus d’une demi-heure.

Les images terribles de la mort de Tatiane Spitzner ont montré la réalité des chiffres et des statistiques : une femme meurt toutes les 90 minutes des coups de son mari au Brésil, cinq femmes sont battues toutes les deux minutes. Le Brésil connaît l’un des taux de féminicide les plus élevés du monde. Une réalité qui a soulevé une vague d’indignation énorme au Brésil, et dans le monde entier. La sœur de la victime a crée une page instagram « todosportatiane » pour réclamer la justice pour Tatiane et pour toutes les autres femmes victimes de féminicides et de violences conjugales. Page qui est déjà suivie par près de 120 000 personnes.

La Esquerda Diario écrit ainsi « Tatiane a essayé de s’enfuir, elle a crié pour sa vie. Cependant, en dépit d’avoir été entendue, personne ne s’est interposé pour elle. Une certaine idée perdure, celle que [selon un dicton] « il ne faut jamais mettre une cuillère entre un homme et sa femme » (« em briga de marido e mulher ninguém mete a colher ») et l’État brésilien échoue lamentablement à protéger la vie des femmes. L’absence de politiques publiques et un plan d’urgence pour combattre les violences de genre sont des démonstrations de l’abandon de l’État. Ils coupent les politiques de défense des femmes pour rembourser la dette publique : « Les banquiers valent plus que les femmes. »

Morte du fait d’être une femme, Tatiane Spitzner est une des bien trop nombreuses victimes de la violence conjugale et patriarcale qui sévit sur le corps des femmes. Une violence qui s’exerce partout dans le monde : en France c’est une femme qui meurt tous les trois jours sous les coups de son mari. Violences que la justice et les différents gouvernements maintiennent en les occultant, en véhiculant des valeurs réactionnaires, en coupant qui plus est les aides pour les femmes victimes de violences de genre, en précarisant les femmes et les soumettant ainsi au joug de leur mari. Si aujourd’hui la mort de Tatiane Spitzner fait le tour du monde c’est que les images ont dévoilé la réalité des féminicides et la violence de cette société patriarcale.




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