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Politique

« On ne va pas gagner militairement contre des tanks », Geneviève, occupante de 70 ans.

NDDL : Des blindés VBRG équipés de « mitrailleuse de 7,62mm » pour expulser la ZAD

Le gouvernement « ira jusqu’au bout » affirmait Edouard Philippe dans l’édition du dimanche du Parisien. Dès ce lundi il s’est exécuté, passant à la contre-offensive en déployant une opération militaire contre la ZAD pour réaffirmer « l’Etat de droit ».

« Hélicoptère, véhicules blindés, lacrymogènes et 2 500 nervis sur place… L’Etat est en train de déployer, depuis cette nuit, sur une commune rurale de Loire-Atlantique, l’équivalent de près de 50 % des effectifs humains qu’elle a engagé dans ses opérations extérieures militaires à l’Etranger (source ministère des armées – opérations extérieures 2018 : 5 800 personnes engagées) ». C’est ainsi que commence le communiqué du 10 avril de la confédération paysanne pour condamner cette « opération inacceptable » entreprise par le gouvernement ce 9 avril.

Et, en effet, c’est bien une opération militaire et mise en scène que le gouvernement a déployé pour expulser quelques 250 zadistes qui occupent pacifiquement Notre-Dame-des-Landes depuis des années. L’objectif ? Faire valoir (ou au moins donner l’image de) son autorité sous la rhétorique du rétablissement de « l’Etat de droit » remise en cause par … quelques deux cents cinquante personnes, vivant dans les bocages où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent, lisent. Paysans boulangers, pépiniéristes, charpentier, apicultrice, éleveurs… Un déploiement de force plus qu’asymétrique en regard notamment du caractère pacifique des occupants.

Mais pourquoi un tel déploiement de force ? Chahuté par la colère sociale aux multiples foyers de contestation, du mouvement de grève massif des cheminots à la mobilisation étudiante qu’il tente de briser, le gouvernement opère un tournant répressif pour réinstaurer son autorité, mais aussi son calendrier. Mais il s’agit aussi d’effacer le spectre de l’opération « César » de 2012 qui plane toujours au-dessus du bocage nantais. L’expulsion des premiers occupants, qui ne devait être qu’une « formalité » pour le gouvernement de l’époque, s’était soldée par une énorme résistance des zadistes et une victoire même puisque les opposants à l’aéroport étaient parvenus à revenir sur les lieux.

Pour éviter que l’histoire ne se répète, le gouvernement veut cette fois ci employer des forces militaires pour intimider et même occuper la ZAD pendant un certain temps, telle une opération néocoloniale. En plus des 2 500 gendarmes, des véhicules blindés de la gendarmerie, des hélicoptères, des camions, des bétaillères, ainsi que quelques centaines de CRS déployés à Nantes et à Rennes pour couvrir les arrières. En cherchant un peu, les blindés utilisés par la gendarmerie, comme l’affirme Libération, sont des Véhicules à roues de la gendarmerie (VBRG). Ils sont équipés de « lance-grenages de 40mm pour tirer des grenades lacrymogènes » et de mitrailleuse de 7,62mm.

Une information confirmée par le Service d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA), qui gère la communication de la gendarmerie. Il confirme la présence de plusieurs blindés sur place, sans vouloir en préciser le nombre exact. Comme confirmé par les autorités, c’est donc l’appareil militaire impérialiste français qui opère cette violente expulsion de la ZAD, comme il est indiqué dans wikipedia : « les VBRG ont été régulièrement déployés pour des opérations de maintien de l’ordre en métropole (Corse comprise) et Outre-mer. La Gendarmerie les a également déployé en opérations extérieures, notamment au Kosovo et en Côte d’Ivoire. ».

Des milliers de CRS pour expulser l’emblématique ferme collective des Cent Noms tenue par 8 habitants qui faisaient justement partie des personnes prêtes à déposer des projets officiels et à se faire… régulariser. Une bergerie, un projet de troupeau-école de moutons, un jardin maraîcher, que le gouvernement a volontairement visé, prenant par surprise les zadistes. La ferme étant un projet agricole, la préfète a violé volontairement les « accords » passés avec les opposants. Un signe que le gouvernement et ses relais ont bien décidé de passer outre l’ensemble des pseudos « négociations » qu’il opère pour manœuvrer.

Pourtant, comme l’explique Nantes Révoltée, « malgré une dissymétrie des forces gigantesque, l’État s’embourbe déjà. Des soutiens affluent, la résistance s’organise, et la gendarmerie a dû reculer ce matin pour la première fois sous un déluge de feu. Mais les destructions continuent. Il y a toujours besoin de soutien sur zone, et d’être le plus nombreux possible dans les rues de Nantes samedi après-midi. Dans les gares, les universités, à Notre-Dame-des-Landes, sur tous les fronts : faisons reculer Macron. Non aux expulsions, la ZAD vivra ! ».




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