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Société

« Liberté de la presse » vous avez dit ?

NDDL : des Gendarmes en civils arborent des brassards Presse !

Après que le gouvernement a interdit l’accès à Notre-Dame-des-Landes aux journalistes, des gendarmes se sont eux-mêmes faits passer pour des journalistes en portant des brassards Presse. Une technique pour s’approcher plus facilement des militants et vrais journalistes afin de les ficher et monter des dossiers à charge. Une technique qui est totalement illégale et qui indigne les journalistes, les vrais.

Crédits photo : Lionel Bonaventure / AFP

Dans un communiqué, la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), a dénoncé l’utilisation du brassard Presse par des gendarmes à Notre-Dame-des-Landes. Plusieurs témoignages de journalistes présents à la ZAD vont dans ce sens. La CCIJP rappelle dans son communiqué que l’utilisation de ce brassard est exclusivement réservée à « des journalistes professionnels ». Un communiqué qui fait également suite à l’interdiction aux journalistes de couvrir l’opération militaire pour déloger la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

D’après le syndicat national des journalistes, ces derniers sont « soit empêchés d’approcher la zone, soit interdits de filmer les heurts, soit reconduits à l’écart de la zone d’expulsion ». Dans son communiqué, le syndicat explique que « les seuls ’reporters’ autorisés à se déplacer sur le site et à filmer les évacuations sont une dizaine de gendarmes dotés de dossards ’presse’, et équipés de caméras. Il s’agit là d’une imposture qui peut tomber sous le coup de la loi, et qui met en danger le travail des journalistes sur le terrain et même leur intégrité physique ».

Le but est clair pour le gouvernement Macron, museler la presse, empêcher de donner des raisons de se mobiliser ou que le mouvement se durcisse. Le président des riches qui est en chute libre dans les sondages, qui a plusieurs mouvements sociaux sur le dos, n’a pas tant de marge de manœuvre que ça. On avait déjà vu avec le gouvernement précédent, lors de la Loi Travail, que les journalistes étaient mis à mal par les « forces de l’ordre ». Ils étaient tabassés, ils ont vu leurs matériels confisqués etc…

Le fait que des gendarmes se fassent passer pour des journalistes leur permet de se rapprocher au plus près des zadistes et de leurs soutiens. Ils peuvent les prendre en photos, les filmer sans attirer l’attention et ficher gentiment tout le monde. De plus, si les gendarmes en civil portant le brassard presse utilisent les images recueillies dans d’éventuels procès, il leur sera plus facile de les sortir de leurs contextes et de leur faire dire ce qui les arrangera.

Les vrais journalistes sont également visés pas les faux journalistes, comme en témoigne le correspondant dans l’Ouest pour France 2, Pacome Le Mat, dans les colonnes de France Info, « La gendarmerie filme les visages des manifestants et des journalistes. »

La gendarmerie a beau démentir, les journalistes restent assurés de leur version. Sur Twitter, la gendarmerie explique que « ces gendarmes et personnels civils de la gendarmerie n’ont jamais porté de brassard ’presse’ ». Selon elle, c’est le « service communication » de la gendarmerie et est identifiée comme tel. Bien évidemment, ce tweet se base sur des photos prisent par… la gendarmerie. Il ne faut donc pas douter que les journalistes ne parlaient pas de ces hommes casqués estampillés gendarmerie mais bel et bien de gendarmes en civil avec aucun signe identifiable.

Le gouvernement tente de garder un maximum sous silence tout ce qu’il se passe durant son coup de force militaire ultra-violent en empêchant les journalistes de se rendre sur le terrain, ses militaires usurpent le statut de journaliste pour ficher vrais journalistes et militants et le gouvernement a proposé de mettre à disposition ses propres images, ce qui n’a pas manqué de faire réagir les journalistes, (les vrais). « C’est assez surprenant pour un État démocratique d’empêcher les journalistes de voir ce qu’il se passe ici » s’étonne Jonathan Moadab, reporter pour RT France. Si des personnes pensaient encore que nous vivions dans un État de Droit…




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