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Monde

Le jour du 70è anniversaire de l’indépendance d’Israël

Nouvelle provocation de Trump : l’ambassade américaine à Jérusalem sera inaugurée lundi

C'est ce lundi 14 mai que sera inaugurée la nouvelle ambassade américaine en Israël, à Jérusalem. Son déménagement, annoncé en décembre dernier par Donald Trump est un acte symbolique extrêmement puissant puisqu'il consacre la ville comme capitale de l’État hébreu, dont le statut est au cœur du conflit israélo-palestinien depuis des décennies.

Crédit Photo : THOMAS COEX / AFP

Le 6 décembre dernier, Donald Trump a reconnu officiellement Jérusalem comme la capitale de l’État d’Israël, une décision forte prise unilatéralement par le président américain. Une annonce, condamnée par une grande partie de la communauté internationale, et qui avait déjà engendré de fortes tensions dans la région. Le statut de la ville sainte constitue, en effet, l’un des principaux points de tension entre Israéliens et Palestiniens, et ce particulièrement depuis que les premiers occupent la partie Est de la ville, occupée depuis la « guerre des six jours », en 1967. Vingt ans auparavant, au moment du partage de la Palestine, l’ONU avait donné à Jérusalem un statut à part, sous contrôle international, afin de permettre le respect des différents cultes.

Et qui dit nouvelle capitale, dit nécessité de déménager l’ambassade américaine – représentation diplomatique qui se trouvait jusqu’à présent à Tel Aviv. Ce sera donc chose faite ce lundi. Une date qui n’a absolument pas été choisie au hasard, puisqu’il s’agit du 70e anniversaire la proclamation de l’indépendance d’Israël par David Ben Gourion, un certain 14 mai 1948.

Une date particulièrement symbolique donc pour les Israéliens... mais aussi les Palestiniens. En effet, dès le lendemain de la déclaration d’indépendance débutait la « Nakba » (catastrophe en arabe), c’est-à-dire l’exil de plusieurs centaines de milliers de Palestiniens, chassés de leurs terres, vers les pays arabes voisins. Il s’agit donc d’une nouvelle provocation de la part de Donald Trump.

Une inauguration sous tension

Le président américain fait une nouvelle fois montre de sa capacité à soutenir coûte que coûte l’État oppresseur israélien, quitte à attiser les tensions dans la région, quelques jours après s’être retiré de l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran, décision éminemment politique qui risque de déstabiliser la zone.

Dès lundi, d’importantes manifestations sont prévues dans l’ensemble du territoire israélien, et plus spécifiquement dans la bande de Gaza. L’enclave, dirigée par le Hamas, risque fort d’être le point névralgique des tensions, alors que les militaires israéliens ont assassiné 52 personnes encore récemment lors de manifestations palestiniennes.

Alors que le Hamas évoque des « journées décisives pour l’histoire palestinienne », l’armée israélienne, elle, a fait appel à des renforts et fait savoir qu’au besoin, elle tirerait à balles réelles. La possibilité d’une nouvelle escalade militaire n’est aujourd’hui pas à exclure. Pourtant, le chef d’État, Benjamin Netanyahu, s’est félicité de la décision américaine et a exhorté d’autres pays à faire de même, à savoir reconnaître Jérusalem, occupée illégalement, comme la « capitale indivisible » de l’État hébreu.




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