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Monde

Nouvelles tensions au sommet

OTAN : Trump met Merkel sous pression

Le Sommet de l’Alliance transatlantique s’est clôt jeudi par une réunion extraordinaire. Le sommet avait commencé dans une ambiance extrêmement tendue du fait des attaques du président américain Donald Trump contre Angela Merkel. Au-delà des petites phrases typiques du président américain, la tactique a une visée : faire payer aux alliés leur place sous le parapluie de l’hégémonie militaire américaine. Au risque, après les mesures protectionnistes sur l’aluminium et l’acier et la rupture de l’accord iranien, d’aviver un peu plus les tensions.

Depuis son investiture, Trump a appliqué une nouvelle stratégie dans la politique extérieure américaine. Trump a pour objectif de recentrer sa politique extérieure sur les intérêts directs des Etats-Unis. Et que derrière les petites phrases, les sorties sur Twitter, les menaces, il n’hésitait pas à les mettre à effet. En bon business man, il n’hésite pas non plus à établir un rapport de force pour obtenir par la contrainte ce que ses prédécesseurs essayaient d’obtenir par l’adhésion, mais avec moins de succès. La rupture de l’accord sur le nucléaire iranien nuit aux intérêts européens ? Trump a les moyens- un marché intérieur – de leur faire accepter. L’augmentation des droits de douanes sur l’aluminium et l’acier menace les exportations allemandes ? Le président y voit d’abord la possibilité de protéger son marché intérieur. C’est dans ce contexte que Trump essaie de réduire son implication financière dans l’OTAN, dont il est actuellement le premier contributeur, et d’augmenter la contribution et la pression sur ses alliés qui profite de la protection de l’hégémonie militaire américaine.

C’est ainsi que le président américain a fait démarrer le dernier sommet de l’OTAN sur les chapeaux de roues : il a déclaré que l’ « Allemagne est captive de la Russie ». Il faisait la référence à la dépendance énergétique de l’Allemagne et de nombreux pays d’Europe aux importations d’hydrocarbures russes et la construction d’un nouveau gazoduc entre la Russie et l’Allemagne. Ce à quoi la chancelière allemande née en RDA a répondu qu’elle avait « vécu comment une partie de l’Allemagne a été placée sous le contrôle de l’Union soviétique. Je suis heureuse que nous soyons aujourd’hui un pays réunifié et capable de prendre ses décisions souverainement ».

Cette montée des tensions vise deux choses, d’une part forcer l’Allemagne à investir davantage dans les dépenses militaires et atteindre la barre de 2 % exigée par Washington, de l’autre marquer sa désapprobation pour ce projet de gazoduc. Il faut noter que d’autres membres de l’OTAN comme la Pologne voit aussi d’un mauvais œil la construction de ce gazoduc car il constitue une entrée de devise importante pour la Russie.

Il faut cependant reconnaître que cette tactique de « coup de pression » de la part de Trump a particulièrement bien fonctionné. En effet, comme l’a annoncé Emmanuel Macron en conclusion de ce sommet, l’ensemble des états (à part les USA) devrait augmenter leur budget militaire afin d’atteindre la barre des 2 % d’ici 2024. Cette augmentation des budgets militaires, devrait permettre aux Etats-Unis de ne plus supporter de manière quasi unilatérale le coût de l’OTAN, puissant moyen d’exercice d’une hégémonie américaine.

Il faut donc prévoir que malgré les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement, « un pognon de dingue » sera consacré à l’armée afin de pouvoir maintenir l’impérialisme français au niveau exigé par l’OTAN. Ainsi, même si Emmanuel Macron fanfaronne d’avoir réussi à trouver un accord lors de ce sommet, il en ressort que le grand gagnant reste les Etats-Unis et les fabricants d’armes.




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