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Notre classe

Les premiers coups de la loi travail XXL

PSA veut supprimer des postes via la rupture conventionnelle collective des ordonnances Macron

Après Pimkie, c’est PSA qui s’y met. Il n’aura pas fallu longtemps pour voir s’abattre les premiers coups permis par la nouvelle « loi travail » adoptée par ordonnances en cette fin d’année. Le capital peut déchaîner son appétit.

La direction de Peugeot-Citroën annonce vouloir procéder à des suppressions d’emplois via une rupture conventionnelle collective, lui permettant notamment de ne pas avoir recours au licenciement ou à la démission des salariés, ni d’apporter la preuve d’une mauvaise santé économique.

Quelle logique derrière ces suppressions d’emplois ?

La loi travail et sa logique de flexibilisation du travail salarié le montrent : le capital et sa chaîne de commandement n’ont pas besoin d’attendre la récession pour supprimer des emplois. La logique de la loi travail est de donner au patronat le plus d’outils possibles pour ajuster à sa guise le travail et ses conditions, afin de dégager des marges de profit plus importantes, ainsi que d’abaisser le niveau de résistance des salariés sans quoi il peinerait à faire d’eux ce qu’il veut.

Partout la logique est la même : dégrossir les rangs et remplacer les emplois les plus sûrs par des intérims et autres contrats précaires. Car ce sont les CDI qui sont en ligne de mire. Selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, la direction va tenter d’aller le plus vite possible. L’idée étant de réduire au maximum les emplois en CDI dans les usines afin d’augmenter la marge des profits réalisés au détriment des conditions de vie et de travail.

En finir une fois pour toutes avec ce système qui n’a plus rien à offrir

La loi travail et ses applications sont à l’image du capitalisme en crise. Elles ne permettent que d’accentuer le fossé qui existe entre ceux qui possèdent l’essentiel des richesses et ceux qui n’ont d’autre choix que de se salarier pour vivre. Les « améliorations » que la loi travail est censée provoquer ne sont donc pas des améliorations qui valent pour toutes et tous. La loi travail permet la destruction des emplois qualifiés et protégés pour favoriser celle d’emplois précaires et faiblement qualifiés. Selon Alternatives économiques une grande partie des emplois créés ces derniers mois concerne les secteurs de la sécurité, du commerce et de la restauration autrement dit des secteurs exigeant un faible niveau de qualification.

Il faut une fois pour toutes se libérer de la rhétorique patronale : non, que « notre » patronat soit compétitif n’est pas dans notre intérêt, car sa compétitivité, c’est aussi notre misère : bas salaires, cadences infernales, précarité, accidents de travail. L’âge où les miettes tombaient de la table est révolu, il est temps de faire valoir notre intérêt véritable qui exige qu’enfin la machine productive soit mise tout entière au service de la société par les travailleurs eux-mêmes.

Crédits photo : SEBASTIEN BOZON / AFP




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