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Jeunesse

Un système « bienveillant, rationnel et humain » ?

Parcoursup : à quoi il faut s’attendre ?

Parcoursup va livrer ce soir, mardi, à 18h les premiers résultats de la sélection à l'université pour les 810 000 lycéens et étudiants en réorientation qui ont formulé leurs vœux sur la plateforme ayant succédé à APB. Une première sélection qui favorise indéniablement celles et ceux qui sont déjà les plus favorisés et va être un facteur de stress supplémentaires pour toutes et tous, à quelques jours du début des épreuves du Bac.

L’algorithme fait la loi

À l’heure où l’exécutif rend public l’algorithme de Parcoursup dans le but de témoigner « de la volonté du gouvernement de donner la plus grande transparence à la nouvelle procédure d’accès à l’enseignement supérieur », après le scandale du favoritisme dans l’algorithme de APB, la sélection à l’université fait de nouveau rage. Mardi soir à 18h, les 810 000 lycéens vont recevoir leurs premières réponses sur le nouveau logiciel Parcoursup qui organise la sélection dans les études supérieures. Ou plutôt, ce sont les plus chanceux qui vont recevoir une réponse…

Premier de cordée, premier servi

Le naufrage ou le foirage de Parcoursup agite depuis plus d’une semaine les hautes sphères ministérielles. C’est ce qui a forcé le gouvernement à sortir les éléments de langage pour calmer les esprits. C’était d’abord la consigne donnée aux chefs d’établissement de « rassurer les lycéens ». C’est désormais Jean-Michel Blanquer, le ministre, lui-même qui annonce plus de 50% de réponses positives dès le premier jour et les deux-tiers des élèves fixés sur leur orientation pour le bac.

Le système Parcoursup fonctionne selon le principe de sélection. Pour toutes les filières dites sélectives mais désormais aussi pour toutes les licences à l’université, il faut correspondre aux attendus fixés par les filières et, surtout, avoir la chance que son dossier ait été retenu par les algorithmes locaux paramétrés par les différentes facs. Les élèves avec les meilleurs dossiers, et statistiquement issus des catégories les plus aisées de la population, seront donc les premiers fixés sur leurs vœux d’orientation car ce sont eux qui vont « “squatter” les places dans les formations les plus demandées lors des premiers jours » comme l’explique Le Parisien étudiant. C’est ainsi, Parcoursup va appliquer le principe cher à Macron : premier de cordée, premier servi. Les autres élèves, ceux qui seront « en attente », avec un « oui si » ou un « non » pourront retourner préparer leur bac sereinement. C’est ce que Blanquer appelle un système « bienveillant », « rationnel et humain ».

Ecrémage estival

Les listes d’attentes risquent donc de polariser les esprits des lycéens et des étudiants en réorientation pendant les semaines à venir. Avec son actualisation en temps réel et les compteurs de file d’attente pour chacun des vœux, le stress risque d’être permanent pour les futurs étudiants en train de préparer leur bac. Mais le ministère sait se faire rassurant en affirmant que « les professeurs de lycée seront informés et pourront aider les élèves à interpréter leur position sur la liste d’attente ». Or, actuellement, rien n’a été fait pour rendre quiconque compétent sur ce dossier et on se demande encore sur quel temps le moindre conseil pertinent pourra être délivré aux élèves, et ce alors que les révisions du bac vont bon train.

Ainsi, au début des vacances, ce sont près d’un tiers des élèves qui ne sauront toujours pas où ils iront l’année prochaine. C’est ce qui fait résonner avec d’autant plus de force l’appel du Syndicat Etudiant et Lycéen CGT Valenciennes : « Avec Parcoursup, même si tu obtiens ton bac, tu n’es pas sûr d’entrer à la fac ». Parcoursup n’aura, de ce point de vue, rien à envier à APB.




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