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Paris 8 : une syndicaliste passe en conseil de discipline pour avoir refusé de voter contre le blocage de l’université

Après les évacuations policières des facs mobilisées contre la sélection, après les gazs et les matraques à Tolbiac, après les milices fascistes à Montpellier, après les partiels sous surveillance militaire et les manifs interdites, la répression a fait une nouvelle victime : Marion membre du personnel de l'université Paris VIII et adhérente au syndicat local La Dyonisoise.

Sa faute ? Ne pas avoir voté contre le blocage de l’université pendant assemblée générale le 9 avril. Il n’en fallait pas moins à François RIOU, Directeur Général des Services (DGS), pour l’envoyer en conseil de discipline. Le même François RIOU qui l’avait appelé le jour de l’assemblée générale sur son téléphone personnel pour lui intimer l’ordre de prendre position contre la mobilisation.

Les raisons invoquées pour la convoquer au ministère ne servent ici que de prétexte. On parle d’une altercation verbale qui aurait eu lieu lors d’une assemblée générale le 11 avril dernier, et surtout de plaignants membres du personnel qui font partie de la liste électorale de l’actuelle présidente de l’université, et qui ont montré leur soutien inconditionnel à la politique de la direction en se positionnant ouvertement contre la mobilisation du printemps dernier. Par ailleurs, combien de plainte ont été recensées par le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) pour des cas de propos racistes, de harcèlement sexuel ou moral voir d’agressions à l’encontre des étudiants et personnels de l’université sans qu’elles soient prises au sérieux par la direction ? Alors pourquoi cette dernière veut traiter ce dossier avec autant d’empressement ?

Qu’on se le dise, si Marion risque aujourd’hui des mesures disciplinaires c’est du fait de son engagement et de ses prises de position à l’université. Parce qu’elle a dénoncé publiquement en Assemblée Générale les pressions qu’ont exercé les équipes de la présidence sur les personnels de la fac pendant la mobilisation contre le plan Macron contre les étudiants. Parce qu’elle s’est opposée à une réorganisation des services de l’université qui réduit les effectifs et augmente la charge de travail des salariés avec notamment la suppression de onze postes au service de la scolarité. Parce qu’elle ose prendre position en Conseil d’Administration pour défendre les exilés qui occupent l’université et qui revendiquent papiers et logement pour toutes et tous. Parce qu’elle s’oppose à ce Conseil d’administration qui veut donner tous les pouvoirs à la présidente pour faire intervenir les CRS dans la fac. En somme si le DGS François RIOU et derrière lui le ministère de l’enseignement supérieur font passer Marion en conseil de discipline, c’est parce qu’elle est syndicaliste.

Pour le moment les conclusions de ce conseil de discipline n’ont pas été annoncées. Il est à craindre que le ministère tente de profiter de l’occasion pour sanctionner Marion et ainsi intimider tous les syndicalistes qui se battent pour les conditions de travail des personnels de la fac. Si cela est moins spectaculaire que l’arsenal policier déployé en manif et dans les facs, il n’est pas moins anodin de constater que la réforme qui remet en cause le droit d’accéder à l’université se double sur le terrain de procédures disciplinaires pour casser les droits des salariés de l’enseignement supérieur et de leurs syndicats alors que la loi Travail XXL imposée par les ordonnances du gouvernement Macron fin 2017 va supprimer les CHSCT et réduire le nombre et les droits des délégués du personnel et délégués syndicaux.




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