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Politique

Revirement du gouvernement

Pensions de retraite : finalement pas de hausse de la revalorisation pour les plus modestes

Contrairement à ce qui avait été évoqué fin aout par les députés En marche, il n'y aura finalement pas de hausse de la revalorisation des pensions pour les retraités les plus modestes. En plus de l'augmentation de la CSG, les retraités les plus modestes feront donc aux aussi face à un quasi-gel de leurs pensions de retraite. Au total, la baisse du pouvoir d’achat des retraités devrait atteindre 200€ en 2019 puis 400€ par an d’ici 2020.

Effrayés par la colère des retraités, un socle important de l’électorat macroniste, certains députés En marche avaient évoqué l’idée de revoir à la hausse la revalorisation des pensions des retraités des plus modestes.

Une façon de calmer la fronde naissante parmi les retraités.

Mais finalement l’idée a été définitivement abandonnée par les députés, annonce le journal Les Echos. Un nouveau revirement du gouvernement qui tape dans les portefeuilles des plus modestes pour réaliser des économies. Les retraités les plus modestes feront donc eux aussi face à un quasi-gel de leurs pensions.

Face à la colère des retraités : le sauve-qui-peut électoral de Macron

Ce n’est pas le premier coup porté au pouvoir d’achat des retraités : après la hausse de 1,7 points de la CSG, les retraités subiront un quasi-gel de leurs pensions de retraite. Et avec une croissance économique en berne, nul doute que le gouvernement cherchera comme il peut à économiser sur le dos des plus modestes. A cela s’ajoute l’incertitude qui pèse sur l’avenir des retraités quant au contenu de la réforme de retraites, chantier phare du quinquennat Macron.

Autant de coups au pouvoir d’achat des retraités qui ont provoqué une colère qui menace de se transformer en véritable décrochage. La situation commence à être critique pour Macron : selon le baromètre de l’institut Elabe, publié le 6 septembre, 72 % des retraités déclarent ne pas avoir confiance dans le chef de l’État, alors qu’ils étaient 44 % en janvier et 35 % lors de son élection.

Or les retraités sont un électorat-clé pour Macron. Plus mobilisés en moyenne aux élections, Macron craint de perdre leur soutien à l’approche des élections européennes et surtout des municipales de 2020. Tandis que sa base sociale sur la gauche commence à se détacher, le risque pour Macron est grand de voir l’électorat de droite, et surtout les retraités, se retourner vers la droite traditionnelle qui, bien que pour le moment très affaiblie, pourrait se renforcer considérablement en vue des municipales de 2020.

Face à cette colère des retraités, le gouvernement a donc lancé une véritable opération de sauve-qui-peut électoral.

Après Macron qui a déclaré à ses collaborateurs « il faut arrêter d’emmerder les retraités », Édouard Philippe a annoncé récemment que ce seront 300.000 retraités, et non 100.000 comme annoncé initialement, qui bénéficieront d’un geste fiscal pour compenser la hausse de la CSG. 

Une véritable marche-arrière qui en dit long sur l’état de fébrilité du gouvernement.

En réalité : 80% des retraités perdants

Si les "gestes" du gouvernement envers les retraités témoignent de sa fébrilité, ils relèvent surtout du pur effet de com’.

En effet, avec une inflation qui devrait atteindre les 1,6 % en 2020, l’augmentation de leurs pensions de retraite ainsi que les APL ne sera que de 0,3 %. Une perte directe de pouvoir d’achat donc. De plus, ce quasi-gel des pensions sera en réalité peu compensé par la suppression de la taxe d’habitation, qui ne concerne par ailleurs pas tous les retraités.

Ainsi, en réalité selon l’OFCE, un institut d’études économiques, la baisse du pouvoir d’achat des retraités devrait atteindre 200€ en 2019 puis 400€ par an d’ici 2020.

Le président des riches n’a décidément pas fini de trainer derrière lui comme un boulet la question du pouvoir d’achat.

Crédits :(MAXPPP)




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