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Situation alarmante

Pénurie de personnels. Les Urgences vont surchauffer cet été

On le sait, les hôpitaux publics souffrent d'un sous-effectif chronique. Une situation qui va empirer cet été, alors que les démissions pleuvent et qu'une partie des personnels seront en vacances.

Crédit Photo : Maxppp / P. Pauchet

C’est un article du journal Le Monde, publié ce 25 juin, qui met en lumière la situation dramatique des Urgences, sur l’ensemble du territoire, pour l’été. En effet, si les services de santé souffrent d’un manque d’effectif dramatique tout au long de l’année, entrainant burn-out et de nombreux suicides, sans compter la dégradation générale des services qui impacte directement les patients, la situation va nettement empirer tout au long de l’été.

Rien qu’en île de France (hors Paris), ce sont ainsi « 531 plages de douze heures [qui] n’étaient toujours pas pourvues pour juillet, et 711 pour août parmi les quelques 76 % d’établissements ayant répondu », selon les documents de l’Agence Régionale de Santé. En d’autre terme, ce sont 600 journées de 24heures où il manquera un médecin dans un service d’Urgence. Et si ces chiffres explicites concernent la région parisienne, c’est bel et bien sur l’ensemble du territoire que la situation sera critique.

En terme de manque de personnels, l’été 2018 pourrait ainsi battre des records dans le service public de santé. Une situation d’autant plus grave que déjà, l’été dernier, des vagues de suicide avaient touchés les hôpitaux, la faute principalement à une surcharge de travail. Outre le fait qu’une partie du personnel, sur-exploitée tout au long de l’année, sera en congés, et que les restrictions de personnels sont de plus en plus nombreuses, l’étude de l’ARS démontrent que les démissions de médecins ont doublé entre 2015 et 2017. « Il y a de plus en plus de démissions car de nombreux médecins n’en peuvent plus de faire de l’abattage et préfèrent prendre des postes mieux payés avec moins de contraintes » explique ainsi Mathias Wargon, le chef des urgences de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, au Monde.

Alors que le recourt de plus en plus systématique d’embauche de personnels précaires est devenue une norme dans le service public de santé, avec pour principales conséquences une dégradation des conditions de travail et de qualité des soins, l’emploi d’intérim ne suffit plus à endiguer l’hémorragie. La situation des urgentistes pour cet été est en ce sens un véritable symbole de l’état de l’ensemble du secteur de la santé publique, et ce en dépît des saisons, puisqu’on se souvient encore de la « surchauffe hivernale » qui a touché l’ensemble des personnels hospitaliers cette année. Une situation globale qui a suscité une première vague de mobilisation, dans les EHPAD notamment, mais qui est aussi à la source d’innombrable luttes locales qui se succède sans discontinuité depuis plusieurs années.

Dans ce contexte dramatique, et alors que le gouvernement, malgré les faux semblant affichés, va encore piocher dans les budgets alloué à la santé à hauteur d’un milliard d’euros, il est plus que vital, pour les patients comme pour les personnels, non seulement de combattre cette politique de casse de l’hôpital public, mais également d’exiger un investissement massif dans les hôpitaux publics, avec une hausse générale des salaires et un vaste plan d’embauche, non pas en contrat précaire mais en CDI. Autant de mesures indispensables, entre autres, pour un service public de la santé de qualité et des conditions de travail décentes pour l’ensemble des personnels hospitaliers.




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