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Monde

Macho-fasciste

Philippines. « Tirez sur le vagin des rebelles communistes ! »

Le président philippin Rodrigo Duterte n'est en pas à sa première déclaration misogyne faisant l'apologie de la culture du viol. Engagé dans une campagne de répression d'une violence inouïe, le despote qui a déjà autorisé les militaires à violer jusqu'à trois femmes, vient d'ordonner de tirer dans le vagins des militantes communistes pour les rendre « inutiles ».

« Nous ne vous tuerons pas. Nous tirerons dans vos vagins ». C’est ainsi que s’est exprimé Rodrigo Duterte, le président philippin, dans un élan de rhétorique que la députée du congrès philippin Emmi de Jesus a qualifié de « macho-fasciste ». Selon lui, les femmes ainsi mutilées seraient désormais « inutiles » puisqu’elles ne seraient plus ni des mères ni des femmes-objets. Toujours selon la même députée du congrès, cette déclaration de Duterte élève « le terrorisme d’État contre les femmes et le peuple à un tout nouveau degré » alors même qu’en juin dernier, un permis de violer était octroyé aux militaires par le président lui-même-.

Dans sa guerre contre le trafic de drogue, le président Duterte use de tous les moyens pour perpétrer une répression sévère sur la population, instaurant un climat de terreur sur l’ensemble de la société, avec l’appui des militaires. Déjà critiqué pour son usage de la violence, le président philippin s’est attiré les foudres de l’association Human Rights Watch qui dénonce « une série de propos mysogynes, dégradants et avilissants » qui « encourage les forces d’État à commettre des violences sexuelles en plein conflit armé » ainsi que de l’ONG Gabriela Women’s Party qui dénonce quant à elle une campagne de « terrorisme contre les femmes ».

Conformément au procédé d’invisibilisation et de dénigrement des violences machistes, le porte-parole de Duterte, Harry Roque, a minimisé la charge des propos en revoyant les féministes à des « exagérations » avant de déclarer que ces propos étaient juste « drôles » et qu’il fallait « juste en rire ». Apparemment, les 12 000 morts que la campagne anti-drogue de Duterte à fait avec tout le lot de violence dans la société qui s’en est suivi, aggravé par la culture du viol institutionnalisée par le président n’arrachent que des rires au porte-parole du gouvernement.

Celui qu’on surnomme le Trump d’Asie pourrait faire sourire si des millions de femmes dans le monde n’étaient pas à l’heure actuelle victimes de viol et de la culture qui le légitime en permanence. Duterte incarne à lui seul l’oppression macho-fasciste d’une société où les femmes ne sont vues que par l’intermédiaire de leur sexe et de leur sexualité.

Crédits photo : AFP




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