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Jeunesse

Contre Macron et son monde

Plan étudiant : état de la mobilisation dans les universités

Alors que le projet est examiné à l’Assemblée depuis le 12 décembre, que le gouvernement et les institutions procèdent comme s’il était déjà acté, la presse nationale fait l'état du peu, si ce n’est de l’absence, de mobilisation auprès des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s. Qu’en est-il réellement sur le terrain ?

Bien que la presse fait l’état d’aucune résistance face à ce projet de casse de l’Enseignement supérieur et l’instauration de la sélection, les assemblées générales se multiplient tout de même dans les universités, partout en France, à l’appel de l’intersyndicale. Cette mobilisation provient aussi bien du personnel des universités que des étudiant.e.s et conduit à l’adoption de motions contre le Plan Étudiants.

Des motions ont été votées dans les assemblées générales et instances de l’Université de Bourgogne, Aix-Marseille Université, l’Université de Picardie Jules Verne, l’Université Toulouse Jean Jaurès, l’Université Paul Valéry Montpellier 3, l’Université Jean Moulin Lyon 3 ou encore l’Université Paris-Est Marne la Vallée et l’Université Paris-I.

Dans certains cas, la mobilisation est portée par des protestations déjà présentes au sein des universités en raison des situations financières locales catastrophiques ou des fusions des universités. C’est ainsi que la grève a été votée par le personnel et désormais les étudiant.e.s à l’Université de Toulouse Jean Jaurès pour protester contre la fusion de l’Université, pour demander la démission de son président ainsi que le retrait du Plan Étudiants. On notera également à l’Université de Picardie Jules Verne une importante protestation locale contre les restrictions budgétaires. Les problèmes de financements locaux sont aussi présents à Aix-Marseille et en Bourgogne.

Certaines motions votées en assemblées générales ont même porté les instances de différentes facultés à se prononcer. La mobilisation croissante à Aix-Marseille Université a permis le vote au conseil de l’UFR ALLSH (Lettres, Langues et Sciences Humaines et Sociales) d’une motion concernant le Plan Étudiants. L’instance universitaire demande ainsi au ministère de surseoir à la mise en place du plan car celle-ci se fait de façon précipitée sans concertation avec les différents acteurs concernés et sans le financement nécessaire. Cette motion, adoptée à l’unanimité, se présente également contre la sélection à l’entrée de l’Université. Autre UFR d’Aix-Marseille Université a s’être prononcée, l’UFR de Sciences. Là encore le conseil de cette faculté a jugé la réalisation de cette réforme trop précipitée et présentant un changement trop brutal. Concernant les instances universitaires, le conseil du département de Lettres Modernes de l’Université Jean Moulin Lyon 3 a voté un motion présentant les problèmes que suscitent la sélection à l’université ainsi que les conditions de mise en place de la réforme. Le vote de ces motions par des instances décisionnelles des universités est un signal fort de par le fait qu’elles se prononcent rarement sur des décisions politiques mais aussi de la mobilisation croissante sur le sujet. De plus en plus de personnels des universités appellent et décident de ne pas mettre en place la réforme.

Cette mobilisation, qui reste pour le moment invisible pour le grand public, est tout de même bien présente au sein des différentes universités françaises. La tenue d’Assemblée Générales et la prise de position de certaines instances administratives n’est qu’un début et est remarquable dans un contexte de désinformation et de passage en force du gouvernement. Pour rappel, cette réforme, annoncée en octobre, est débattue à l’Assemblée au mois de décembre pour être ratifiée dès janvier et mise directement en application. Un calendrier donc très rapide, sans concertation, permettant difficilement la mobilisation des étudiant.e.s surtout lors de la période des partiels du premier semestre. L’heure est à l’information massive pour préparer au mieux la mobilisation des étudiant.e.s, mais aussi lycéen.ne.s et parents d’élèves qui vont être directement concerné.e.s par ces changements d’ampleur de notre système d’enseignement supérieur.

Les acteurs de l’enseignement supérieur sont donc organisés, remontés contre le Plan Étudiants et le font savoir. La mobilisation prend racine et ne restera sans doute plus pour longtemps « invisible ».

Pour retrouver toutes les motions adoptées en assemblées générales et par les instances des universités : http://www.sauvonsluniversite.fr