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Politique

Contre la surexploitation

Plus d’une centaine de travailleurs sans papiers en grève pour exiger leur régularisation

Dans six entreprises différentes, en Ile-de-France, des travailleurs sans-papiers sont en grève depuis le 12 février, avec le soutien de la CGT, pour dénoncer leurs conditions de travail et exiger leur régularisation.

Très souvent intérimaires dans le BTP, la collecte des ordures ménagères, la centaine de travailleurs sans-papiers est en grève pour s’opposer au projet de loi asile et immigration que le gouvernement va présenter le 21 février prochain et pour exiger leur régularisation immédiate. Dans la continuité de la circulaire Collomb, d’une xénophobie décomplexée, le projet de loi Macron vise à pénaliser « le travail sous une autre identité » comme une façon de renforcer la chasse aux sans-papiers tout en œuvrant à fournir une main d’œuvre toujours plus corvéable et surexploitée pour le grand patronat.

Ce projet de loi vise à renforcer un système bien rodé. Très souvent, pour signer un contrat et obtenir un emploi, les travailleurs sans-papiers sont obligés d’obtenir un passeport et un numéro de sécurité sociale en « règle ». Il n’est pas rare que celui qui « prête » les papiers rançonne le travailleur sans-papier. Ensuite, les grandes multinationales utilisent des sociétés d’intérim qui servent d’écran, mais aussi de moyen de pression pour museler et surexploiter les travailleurs. Un système qui institue la double peine.

Avec son article 16-II, le travailleur risquera cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, car il sera sous le coup de l’article 441-8 du code pénal. Un travailleur ivoirien affirme dans l’article du Monde : « En fait, on veut se débarrasser de nous, commente Abdoulaye, mais c’est illusoire et aucune personne qui a des papiers ne tiendrait deux mois à porter des frigos, des roues de tracteurs… On est cassé au bout de quelques mois de manutention, mais on reste ». Il est clair que le gouvernement au service du grand patronat, vise à accentuer le contrôle et la répression de ces travailleurs sans-papiers.

Face à ce nouveau tour de vis que Macron compte instituer, les travailleurs sans-papiers bataillent avec l’appui de la CGT pour exiger des régularisations. Et il y a des précédents victorieux, de sorte que comme l’affirme le communiqué de la CGT : Depuis octobre 2006 et tout particulièrement en 2008 et 2009, des milliers de leurs camarades avaient fait de même avec la CGT et l’appui de nombreuses associations de soutien aux migrants. N.Sarkozy avec ses ministres de triste mémoire de "l’immigration et de l’identité nationale" avait été obligé de reculer.

Des grèves avaient permis « d’arracher la régularisation administrative d’un très grand nombre d’entre eux, comme de milliers d’autres et la poursuite des contrats de travail. Sous le quinquennat de Hollande, dans différentes entreprises (les salons de coiffure du Bld de Strasbourg à Paris, à Sépur dans le 94, sur les chantier COVEA, avenue de Breteuil, et RATP/Vinci, des Halles, à Paris, au Marché d’intérêt national (MIN) à Rungis…) ces grèves n’ont jamais cessé. A chaque fois les travailleurs ont été régularisés comme tout dernièrement à Burger-King à Paris  », comme continue de l’affirmer le communiqué.

Face à cette nouvelle déclaration de guerre de Macron contre les travailleurs sans-papiers, il est plus que jamais nécessaire de batailler contre ce projet de loi, mais aussi contre le grand patronat et leur système qui ne vise qu’à asservir et à rendre docile les travailleurs sans-papiers, le tout au nom de leur profit. Plus que jamais, il s’agit d’exiger la régularisation immédiate de ces travailleurs sans-papiers.

Crédits photos : JEAN LARIVE / MYOP POUR "LE MONDE"




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