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Politique

Distinctions outre-Manche pour Jupiter

Pour le très libéral The Economist, la France est « le pays de l’année 2017 ». Tout un symbole

Décidemment, Emmanuel Macron a la cote… dans les quotidiens libéraux d’outre-Manche. Après The Times, qui a nommé le président jupitérien « homme de l’année », c’est au tour de The Economist de désigner la France « pays de l’année 2017 ».

On le sait, l’élection présidentielle française a été marquée par l’effondrement du bipartisme Parti Socialiste / Les Républicains qui se sont partagé la vie politique de la Vème République pendant des décennies. Mais l’avènement d’Emmanuel Macron marque aussi un tournant profondément assumé vers un néo-libéralisme qui prédomine dans le monde depuis les années 80.

Et visiblement, Macron suscite l’enthousiasme outre-Manche, où deux des mastodontes de la presse libérale se confondent en louange. The Times d’abord, a élu l’ex-banquier de chez Rothschild « homme de l’année ». The Economist est allé encore plus loin. Le quotidien britannique a ainsi nommé la France « pays de l’année 2017 ».

« Le jour de gloire est arrivé », avance même The Economist, estimant ni plus ni moins que l’élection de Macron « a donné de l’espoir à ceux qui pensent que le vieux clivage gauche-droite est moins important que celui entre ouverture et fermeture » avant de s’attaquer aux sceptiques. « Peut-être oublient-ils qu’avant son arrivée, la France semblait irréformable – offrant aux électeurs le choix entre la sclérose et la xénophobie. »

Une distinction et un discours dithyrambique qui semble enchanter l’Hexagone, ou du moins une partie. Nicolas Beytout, journaliste au tout aussi libéral journal l’Opinion, estime ainsi que cet enthousiasme outre-Manche « est un des effets les plus frappants de l’élection du nouveau président de la République : l’image de la France à l’étranger a profondément changé » tout en restant exigeant envers le « président des riches ». « Il reste tant à faire, comme le prouve ces jours-ci le premier budget de l’ère En marche !, ses mauvaises surprises fiscales et son incapacité à réduire les dépenses publiques. Les prix attribués à la France d’Emmanuel Macron ressemblent plus à des encouragements qu’à des félicitations ». Autrement dit, les premières attaques violentes contre les droits des travailleurs, loi travail XXL en tête, ne doivent être que le prélude d’offensives structurelles qui ont été menées auparavant au Royaume-Uni, entre autres.

S’il convient de rappeler qu’en 2015, The Economist saluait l’entrée de la Birmanie, dont le pouvoir massacre sans vergogne les musulmans rohinga, dans « quelque chose ressemblant à la démocratie », les honneurs réservés à Macron dans ces colonnes libérales sont révélatrices. Profondément ancrés dans les idéologies incarnées par Thatcher ou Blair, The Times et The Economist estiment fort logiquement que l’entrée en scène d’un président français partageant cet axe néo-libéral est une bonne nouvelle pour les classes dominantes de l’Hexagone.

Ces encouragements pour le président jupitérien sont donc synonymes d’avertissement pour les classes laborieuses et populaires. En effet, et alors que Macron a attaqué son quinquennat sur les chapeaux de roues en ce qui concerne les contres réformes, il s’agit de se préparer à de nouvelles attaques d’envergures, notamment sur la sécurité sociale ou encore le régime des retraites. Des batailles qui nécessiteront irrémédiablement des ripostes et des plans de bataille véritables de la part des organisations du monde du travail, tant politique que syndicale.




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