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Politique

Convergence des luttes

Pour un 10 octobre sous le signe de la grève interprofessionnelle et de la jeunesse !

Après une rentrée sociale qui sonne comme une fin de « lune de miel » pour Macron, le mois d’octobre pourrait définitivement marquer le retour sur terre de Jupiter. Malgré la division des dates de mobilisation, la pression à l’unité à la base, ainsi que la détestation de Macron et son monde, sont telles que plus qu’une grève du seul secteur public, c’est bien la jonction du privé comme des plus précaires, des retraités et de la jeunesse qu’il s’agit d’opérer.

Le 10 octobre prochain, à l’appel des 9 organisations de la fonction publique, les fonctionnaires seront en grève contre les attaques de Macron dans le secteur public avec notamment le gel de la valeur du point d’indice, le rétablissement de la journée de carence, la perspective de 120 000 suppressions d’emploi dans la fonction publique, ainsi que la « simple compensation » de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) envisagée pour les fonctionnaires.

Même si cette journée de grève avait été annoncée avant le 21septembre, affaiblissant ainsi la deuxième journée de mobilisation interprofessionnelle, la pression unitaire à la base est en passe de lui faire prendre un autre contenu, celui d’une journée de grève nationale interprofessionnelle, ou encore d’une journée pour converger et agréger les colères contre Macron, le président des riches, dont le capital détestation ne cesse de monter.

Le Budget 2016, le symbole de l’ISF

Baisse des APL, loi travail, maintenant la réforme de l’ISF…. De plus en plus, le gouvernement apparait tel qu’il est, un gouvernement des « riches » au service des riches. Son projet de loi de finances en est une nouvelle preuve. Au programme ? : toujours plus de cadeaux fiscaux aux amis du président. Avec la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, c’est 11milliards d’euros de cadeaux fiscaux pour le grand patronat d’ici 2022.

Suppression de la taxe sur la distribution des dividendes, instauration d’un taux unique à 30% sur les revenus de capitaux mobiliers, auxquels on peut ajouter l’exonération des actifs mobiliers du nouvel impôt sur la fortune, et encore le CICE.Pour financer ces cadeaux, le gouvernement fait les poches des plus précaires en rabotant les APL, en attaquant retraités et fonctionnaires, en approfondissant l’austérité dans les services publics, sans oublier la loi Travail, et les attaques contre la jeunesse.

La pression à la base impose l’unité : Le 10 octobre pour faire converger

Pour l’heure, les salariés de Pôle emploi, de la Ratp, des cheminots, des routiers appellent à rejoindre cette journée de grève pour en faire une journée de convergence des luttes. C’est aussi le cas pour certaines fédérations de la CGT comme celle des industries chimiques ou d’un grand nombre d’unions locales et départementales comme celle des Bouches-du-Rhône. Quelle que soit la fragmentation des dates, on observe, à la base, une tendance inexorable à la pression à l’unité.

En ce sens, la pression à la convergence à la base élargit le contenu donné initialement à la manifestation du 10 octobre, poussant à son inter-professionnalisation, des secteurs public-privé, à la jeunesse en passant par les retraités. De la sorte, cette journée pourrait tendre à se transformer en un réceptacle de la colère accumulée, offrant ainsi une nouvelle échéance de grève et de manifestation pour le mouvement social naissant contre Macron et son monde.

Organiser des AG interprofessionnelles, des intersyndicales et des inter-orgas

Pour œuvrer à la mise en place d’un plan de bataille commun, il est nécessaire d’appuyer, localement, les initiatives d’auto-organisation, en lien avec les comités de grève et les équipes syndicales combatives, rassemblant les organisations syndicales, politiques et associatives, les mouvements de jeunesses, les précaires et les retraités. Des organismes qui peuvent prendre la forme d’Assemblées interprofessionnelles, comme d’intersyndicales et d’inter-organisations

En ce sens, appuyer et réactiver, partout où cela est possible, les structures et les expériences déjà existantes, formées lors de batailles précédentes, comme en 2010 et dans une moindre mesure en 2016, est une nécessité pour démontrer localement qu’il est possible de penser un plan de bataille commun. En 2010, dans la bataille contre la réforme des retraites, l’AG interpro de Saint-Denis avait ainsi exprimé, à un niveau embryonnaire, cette expérience de front unique ouvrier.

Nécessité d’une stratégie et d’un programme à la hauteur de la lutte

Sur la base de l’expérience de la défaite du printemps dernier, nombreux sont les militants qui tendent à discuter de l’inefficacité des journées en saute-mouton, critiquant par là-même la division des dates à venir, ou encore nombreux sont conscients de la nécessité de bloquer l’économie pour imposer un véritable rapport de force. Un plan de bataille et un programme qui, pour l’heure, ne sont pas discutés en commun par les organisations politiques et syndicales opposées à la loi Travail.

Faire l’expérience de la direction de la lutte, discuter dans les AG d’un programme hégémonique permettant d’unifier les rangs ouvriers, les secteurs précarisés, la jeunesse, les populations des quartiers, contre les violences policières et la stigmatisation sociale, contre les mesures autoritaires et liberticides, sur la question du logement, contre le chômage de masse et la précarité, est une nécessité pour unifier la lutte contre Macron et son monde. C’est aussi la seule façon pour exiger des directions nationales un véritable plan de bataille, radicalement distinct des journées d’action en saute-mouton ou des marches du week-end, avec les armes qui sont les nôtres : la grève, les piquets, les manifestations.




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