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Premières lignes de train privatisées en Normandie

Hervé Morin, président de la région Normandie a parlé des projets de privatisation du rail ce Vendredi 8 Septembre sur France Bleu.

Crédit photo : Radio France - Eric Turpin

Une offre de mobilité régionale douteuse

Hervé Morin et son équipe travaillent actuellement sur la nouvelle offre de mobilité régionale. Ils ont rencontré tous les élus locaux pour discuter de la future offre de mobilité. Selon eux cette refonte de l’offre de mobilité va améliorer le service ferroviaire dans la région. Elle comprendrait des suppressions d’arrêts quand il y a du temps supplémentaire de 3-4 minutes pour un arrêt à une gare où il y a "seulement 10 personnes" selon Hervé Morin.

On peut y voir le souhait de ne conserver que les gares qui sont très fréquentées, pour raccourcir les temps de trajets. Avec la privatisation, les petites gares deviennent indésirables et seront desservies par des navettes, ce qui rajoutera au final du temps de trajet pour les populations des petites agglomérations qui seront obligées d’emprunter ces navettes pour rejoindre les grandes gares proches : un véritable mépris pour les habitants des petites communes qui ne sont pas "rentables". Fermetures de gares et de guichets sont donc au programme dans course a la rentabilité. C’est dans ces occasions-là que voit à quel point le chemin de fer est un service public, et doit le rester.

Plus de bus, moins de trains optimiser la rentabilité

En plus des navettes qui vont effectuer les dessertes des petites gares, des bus vont remplacer des trains sur les grandes lignes. Pour la région Normandie, Caen est le point central pour les dessertes de bus. Ainsi, sur la ligne Caen-Rennes, "peu fréquentée" selon Morin, des bus seront mis en place pour "un temps de trajet plus rapide". Des bus vont également apparaître sur les axes Caen-Granville, Caen-Saint-Lô ainsi que Caen-Paris. Encore un moyen d’effectuer des bénéfices aux dépens des usagers et de l’environnement.

Privatisation, la ligne Paris-Granville dans le viseur

Avec les suppressions de dessertes des petites gares, une partie du Sud manche serait abandonnée. Morin annonce que la ligne Paris-Granville va passer par Caen. D’une part pour la rendre rentable au maximum et pour la vendre au privé. Il explique vouloir individualiser une ou deux lignes où les connexions ne sont pas nombreuses pour les ouvrir à la concurrence. Hors, à ce stade on peut plus parler de privatisation que d’ouverture a la concurrence des lignes rentables où les actionnaires vont se gaver sur le dos des usagers. La fameuse ouverture à la concurrence avec plus de trains, plus de fiabilité se révèle un mensonge pattant quand on voit au delà des discours. Après avoir vanté les modèles Allemands et Italiens en permanence, le gouvernement et ses régions optent pour un système similaire a celui des Anglais (qui souhaitent re-nationaliser le rail), un exploitant pour chaque ligne : une véritable contradiction !

Les paradoxes sont de plus en plus nombreux. Morin dit que le ferroviaire va être amélioré en supprimant des lignes, en fermant des guichets ainsi que des petites gares, en remplaçant des trains par des bus et en privatisant les lignes rentables dont les infrastructures seront payées au frais du contribuable !

Alors que le ferroviaire devrait être un service public sous le contrôle des cheminots et des usagers, que les transports devraient être gratuits et que chaque usager devrait bénéficier d’une équité de transport partout sur le territoire, cette nouvelle annonce d’une quasi-privatisation illustre bien de quoi était le nom du plan ferroviaire et de la justesse du combat des cheminots contre Macron et son plan.




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