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Monde

Un nouveau renoncement

Puidgemont déclare forfait pour l’investiture de la Generalitat

Jeudi dernier depuis Berlin, où il est en attente d’une possible extradition vers l’Espagne, pour un mandat d’arrêt européen émis contre lui pour « rébellion », Carles Puidgemont a renoncé définitivement à l’investiture de la présidence de la Catalogne, à sa place, il propose le député Catalan Quim Torra comme candidat pour diriger le gouvernement.

Le dirigeant indépendantiste, destitué par le gouvernement Espagnol a annoncé son désistement à l’investiture de la Generalitat. Suite à l’intervention de la part de Madrid, qui est intervenu mercredi dernier pour barrer la route à l’investiture de l’ancien président, les séparatistes se sont vus obligés de présenter un autre candidat pour pouvoir débloquer la situation et ainsi pouvoir former un nouveau gouvernement.

Carles Puidgemont a déclaré à travers un enregistrement vidéo, la volonté de renoncer à la présidence en annonçant à Quim Torra comme possible successeur : « Notre groupe propose le camarade député (catalan) Quim Torra à la présidence de la Généralité ». « L’intolérance et le manque de respect de l’État envers la volonté des citoyens de Catalogne sont apparus clairement aux yeux du monde », a rajouté Carles Puigdemont lors de son allocution. En insistant auprès de l’exécutif sur le fait de construire un pays indépendant.

Ce samedi 12 mai, le parlement catalan devra donc débattre sur l’investiture de Quim Torra a fait savoir le président du parlement Roger Torrent. Normalement, le candidat devrait obtenir les soixante-six votes des sièges indépendantistes de droite comme de gauche, plus quatre abstentions des députes de la CUP qui l’ont annoncé par avance. Sur les cent trente-cinq sièges que comptent le parlement catalan, le candidat devrait obtenir la majorité lors de la deuxième votation.

Malgré le côté « anti-espagnoliste » de Quim Torra, la possibilité de la formation d’un nouveau gouvernement semble être une délivrance pour l’État espagnol, parce qu’en défaut d’une formation gouvernementale, des nouvelles élections auraient être mises en place si la crise n’est pas résolue avant le 22 mai. Quasiment cinq mois après les élections imposés par l’État espagnol pour contrer le referendum légitime appelé par les indépendantistes du premier octobre et la mise sous tutelle qui s’en est suivie, les conditions pour le déblocage de la situation semblent réunies. Même Rajoy a fait un pas dans ce sens en renonçant à la déposition d’un recours contre le vote par procuration de Puidgemont et Cominum.

En dépit des déclarations de Puidgemont où il précise qu’il s’agit d’une période « provisoire » et que Torra devra « défendre le mandat du premier octobre » et des déclarations incendiaires de la porte-parole de Ciudadanos, « c’est un candidat choisi par Puigdemont pour prolonger la confrontation et la fracture sociale », il s’agit bien d’un nouveau renoncement du processus indépendantiste de la part des organisations réformistes et nationalistes qui sont à la direction du mouvement. Dans le cadre du régime issue du pacte de 1978, l’indépendance s’avère impossible sans une rupture complète avec la constitution et les institutions qui la représentent. L’organisation indépendante des travailleurs catalans, leurs mobilisations massives et l’auto-organisation sont des outils incontournables pour le développement du processus pour qu’une Catalogne indépendante puisse voir le jour mais sous une bannière ouvrière et socialiste.

Crédit photo : John Macdougall, AFP




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