^

Politique

Fin du statut cheminot

Réforme du ferroviaire : le gouvernement recourt aux ordonnances

Tous les syndicats cheminots étaient contre le recours à la méthode des ordonnances pour réformer le statut des travailleurs du rail. Des positions que le gouvernement a battu en brèche en annonçant aujourd’hui qu’il allait recourir aux ordonnances pour réformer « avant l’été ».

« Les organisations syndicales CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT préviennent qu’en cas de recours à l’ordonnance, le gouvernement portera l’entière responsabilité d’un conflit majeur. Nous ne laisserons pas un gouvernement quel qu’il soit préempter le service public ferroviaire l’année même des 80 ans de la SNCF.  » : c’est ainsi que les organisations syndicales avaient conclu leur communiqué de presse suite à l’interfédérale de la semaine dernière. Une menace qui n’a pas fait broncher Edouard Philippe, qui a annoncé ce matin vouloir recourir aux ordonnances pour réformer la SNCF, sur la base du rapport Spinetta. « A la mi-mars, nous déposerons un projet de loi d’habilitation au Parlement » a expliqué le premier ministre, avant d’oser expliquer que la loi travail XXL « a prouvé que cette méthode ne confisquait aucunement le dialogue ». Comme beaucoup de journaux le notent, la bataille du rail commence ; elle pourrait être longue et dure tant les attaques du gouvernement sont majeures.

Le point central de la réforme sera le statut cheminot : plus aucun cheminot, selon les désirs du gouvernement, ne sera embauché sous statut après la réforme. Cependant, les 160 000 cheminots déjà sous statut le resteraient, créant une division toujours plus grande entre des multitudes de statuts, cheminot, privé, en CDI ou CDD… De plus, la forme juridique de la SNCF devrait aussi être réformée : ce sera maintenant une société nationale à capitaux publics, mettant ainsi fin à l’éclatement en trois établissements publics, organisation jugée trop « rigide et fragmentée » par le gouvernement.

Si la réforme adopte de nombreuses préconisations du rapport de Jean-Cyril Spinetta, toutefois, quelques dossiers sensibles n’ont pas été repris par le gouvernement. Ainsi le gouvernement a finalement décidé de ne pas prendre en charge au niveau de l’Etat la fermeture des 9 000km de lignes que l’ex-PDG d’Air France préconisait de supprimer et de renvoyer cette décision aux collectivités territoriales. Cette annonce vise sans nul doute à éviter la convergence des colères des cheminots et des usagers. Cependant, contrairement à ce que cette opération de communication peut laisser croire, il ne s’agit pas pour autant d’un sauvetage des petites lignes, qui pourront être supprimées à l’échelle locale.

De même, le dossier des retraites à été repoussé à la réforme plus générale sur les retraites prévu pour la fin de l’année : les cheminots verront leurs retraites attaquées avec tous les autres régimes spéciaux (RATP, énergies, dockers…).




Mots-clés

Rapport Spinetta   /    Édouard Philippe   /    Cheminot-e-s   /    Emmanuel Macron   /    SNCF   /    Politique