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Notre classe

L’arroseur arrosé

Relaxe pour Loïc de Jolie Môme ! Belle victoire contre le MEDEF

« Loïc de Jolie Môme », c’est le nom que le milieu militant de Paris, et au-delà, commence à connaître au terme d’un an et demi de lutte en justice contre le MEDEF, de garde-à-vue, de convocations et de reports de procès ; un véritable « parcours du combattant » d’après l’avocate de Loïc. Ce qui est sûr néanmoins, c’est que l’histoire de Loïc ressemble à quelques originalités près aux nombreux cas de répression de militants et travailleurs relevant la tête face à l’oppression patronale. C’est bien parce que son histoire est emblématique de la criminalisation du mouvement social dans son ensemble que des centaines de personnes sont venues soutenir le militant de la CGT Spectacle, membre de la Compagnie Jolie Môme, pour son procès au TGI de Paris. C’est pour cela également que tous les soutiens ont accueilli l’annonce de sa relaxe comme leur propre victoire.

On sentait bien le MEDEF pas très à l’aise avec cette accusation grotesque remontant à une action à son siège le 7 juin 2016, en pleine mobilisation contre la loi travail. Après avoir reçu un coup de pied à l’entre-jambe par le chef de sécurité du MEDEF, Loïc se retrouvait accusé de violence par l’institution patronale, pendant que les bandes des caméras de vidéo surveillance disparaissaient mystérieusement. C’est peut-être devant l’évidence du coup monté, déjà démontré par la relaxe en février dernier des 7 autres intermittents poursuivis dans la même affaire, que le plaignant n’a pas même daigné se présenter à l’audience, ni même son avocat. Cette audience a néanmoins duré près de quatre heures, pendant lesquelles la solidarité s’est faite entendre à la barre comme devant le tribunal. Loïc a ainsi pu compter sur les plaidoyers d’Arlette Laguiller, de Denis Gravouil (CGT Spectacle) et de Frédéric Lordon, des « témoins de moralité » sciemment choisis pour montrer à quel point cette parodie de procès était politique.

Pendant ce temps-là et malgré la bruine, les interventions se succédaient devant le temple de la justice de classe, sur cette place que le milieu militant connaît un peu trop bien suite aux nombreux procès politiques de ces dernières années. Face à plusieurs centaines de soutiens, des personnalités politiques et syndicales, pour beaucoup en proie à la répression, ont tenu à affirmer leur soutien et à remettre le procès de Loïc dans un contexte plus large d’attaques patronales et gouvernementales. Parmi eux : Philippe Poutou (NPA), Eric Coquerel (LFI), François Ruffin (LFI), Stéphane Peu (PCF), Jean-Pierre Mercier (CGT PSA), Gaël Quirante (Sud PTT 92), Mickaël Wamen (CGT Goodyear), Mamadou Kanté (CGT Paprec), David Ricatte (CGT Air France), un militant de SUD Rail Saint-Lazare, Verveine Angeli (Solidaires), Georges Louis (CGT), Hervé Kempf (Reporterre), Jean-Baptiste Eyraud (DAL), ainsi que des soutiens de luttes en cours ou récentes comme celles de l’Holiday Inn Clichy ou des travailleurs ONET du nettoyage des gares.

Après un point sur la situation en direct du tribunal, Mickael Wamen est revenu sur la répression des ex-Goodyear, qui ont appris hier le maintien de leur condamnation à de la prison avec sursis :

Jean-Pierre Mercier,​ de la CGT PSA, a rappelé la répression qui s’abat aussi sur les ouvriers de PSA, notamment à Poissy, où 9 militants CGT ont écopé d’amendes et de condamnations à la prison avec sursis malgré des dossiers vides.

Philippe Poutou, que Loïc avait soutenu lors de son procès quelques jours plus tôt, avait également fait le déplacement :

Après sa sortie du tribunal sous les applaudissements, Loïc a annoncé sa relaxe, mais aussi le fait que la procédure n’allait pas s’arrêter là, indiquant qu’il s’agissait désormais de « faire condamner le MEDEF ». Ce à quoi son avocate a renchéri : « on voudrait demander au parquet qu’il fasse en sorte de rechercher la vérité plutôt que de soutenir les plus puissants ».

Retour de bâton en vue pour le MEDEF ? Ce qui est certain c’est que cette relaxe est déjà une sacrée victoire du mouvement social contre le patronat qui doit nous encourager à renforcer nos solidarités pour faire face aux attaques en cours - l’ironie du sort voulait d’ailleurs que le MEDEF accueille ce même jour une réunion de « négociation » avec le gouvernement sur l’assurance chômage - et aller chercher bien d’autres victoires de notre classe.




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