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Politique

Macron insulte les ouvriers

Réponse au président : qui sont les « fainéants, les cyniques, les extrêmes » ?

En déplacement en Grèce, le président a répondu à une question concernant la loi-travail en affirmant qu’il ne cédera rien « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ». Droit de réponse.

Crédit Photo : AFP

Le président jupitérien a encore parlé. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ses messages sont plus facilement déchiffrables que ceux de la Pythie de Delphes. Alors que la majorité de la population française ne souhaite pas une loi travail XXL, le président a affirmé sa position, sans fard ni honte, après avoir rappelé « l’irréformabilité de la France », qu’il serait « d’une détermination absolue et qu’il ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Je vous demande d’avoir chaque jour, la même détermination ». Une déclaration qui montre à quel point le président méprise les millions de personnes qui usent leur vie à travailler et que la loi travail va encore plus précariser. Hypocrisie, mépris de classe : tout y est.

Mais qui sont, en France, les fainéants ?

Le président semble accuser les opposants à sa loi travail XXL d’être des fainéants, soulignant, suivant son interprétation, que faire grève serait un acte de confort, ou que les conditions de travail en France sont telles que tout fainéant s’y complait. Pourtant, combien d’ouvriers et d’ouvrières travaillent en 3x8, en 4x8 ou en 5x8 dans les usines françaises, que ce soit dans la chimie, l’automobile, le rail ou l’aéronautique ? Combien d’ouvriers sont au contact de manière journalière avec des matières très dangereuses comme l’amiante ? Combien sont exploités sur de gigantesques chaines de production, payés 1500€ nets par mois ? Peut-on traiter les femmes de ménage qui travaillent de nuit quarante heures par semaine de « fainéants » ? Peut-on traiter des cheminots qui travaillent jour et nuit, le week-end et les jours fériés de « fainéants » ? Assurément pas.

Cependant, s’il y a bien une partie de la population qui ne se fatigue pas en France comme ailleurs, c’est le patronat, qui remplit ses poches, tranquillement assis dans le bureau de son siège social. Empochant des dividendes toujours plus importants (ils dépasseront surement les 100 milliards en 2017), sans jamais s’user physiquement. Les fainéants ne sont décidément pas ceux qui descendront dans la rue le 12 septembre !

Défendre le code du travail ou le détruire scientifiquement : qui est l’extrême ?

Passons sur l’insulte de cynisme que fait Emmanuel Macron à tous ceux qui veulent défendre leurs droits, tant il apparaît à tous et toutes que le président maîtrise le cynisme sur le bout des doigts. Quelques citations nous le rappellent bien : « bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier » avait déclaré le président, comme il avait rappelé qu’il n’était « pas là pour défendre les jobs existants ».

Finalement, entre un gouvernement qui cherche à supprimer les CHSCT, faciliter les licenciements par un nombre effarant de moyens, de revoir à la baisse les conditions de travail des employés de toutes les entreprises françaises, et des salariés qui cherchent tout simplement à conserver leur CDI et leurs primes d’ancienneté, à lutter contre le chômage, à ne pas voir leurs salaires baisser, à conserver une université ouverte à tous, à garder leurs APL, on voit bien qui est l’extrémiste. C’est bien celui qui cherche à ruiner les plus nombreux pour enrichir les plus riches, celui qui se bat pour la finance et le Medef.

Contre cette bourgeoisie fainéante, ce Macron cynique et ce patronat extrémiste, il faudra donc bien manifester le 12 septembre et ce, quelles que soient les insultes qu’ils nous adressent. Loin de nous effrayer, ce mépris doit nous renforcer dans la conviction que nous pouvons l’emporter contre la loi travail.




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