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Jeunesse

Après une journée de blocage

Répression à la fac de Tolbiac : les cours sont annulés pour empêcher la grève

Alors que les étudiants avaient réussi une bonne journée de mobilisation mercredi avec un blocage audacieux de la fac qui a permis de sensibiliser de nombreux étudiants et personnels sur le plan étudiants.

Crédits photos : Révolution Permanente

Hier toute la journée, la fac de Paris 1 Tolbiac avait été bloquée par les étudiants, personnels et professeurs en lutte contre le plan étudiants et la réforme du BAC. Face aux piquets de grève élevés devant les entrées de la fac, c’est des centaines d’étudiants qui ont pu prendre le temps de discuter avec les leurs homologues mobilisés. Le soir, une vingtaine d’étudiants a même décidé d’occuper un amphithéâtre pour « se réapproprier les lieux d’étude ».

Cependant, ce matin, les étudiants et personnels ont reçu sur leurs boites mail une annulation de tous les cours qui devaient avoir lieu aujourd’hui au centre Pierre Mendès France (communément appelé Tolbiac). Une annulation des cours qui n’a d’autre sens de vider la fac de ses étudiants alors que le jour même une journée nationale de mobilisation était appelée. Cette répression administrative, que beaucoup d’étudiants ont dénoncé à l’Assemblée Générale de ce matin. Car en plus d’empêcher la grève étudiante, il met aussi de fait les personnels au chômage technique les empêchant de travailler. Cette tactique de lock-out, que la présidence de l’université avait déjà mise en œuvre pendant le mouvement contre la loi-travail a d’ailleurs été dénoncée par un communiqué des étudiants réunis en Assemblée Générale.

« Les étudiant.e.s, personnels administratifs et professeur.e.s réuni.e.s en Assemblée Générale ce 15 février dénonce l’annulation des cours sur le centre PMF décidée par la direction de l’université. C’est une forme de répression administrative qui vise à empêcher que les étudiant.e.s, professeur.e.s et personnels de l’université puissent exercer leur droit à se mobiliser, et de chercher à jeter le discrédit sur les centaines d’étudiant.e.s, personnels administratifs et professeur.e.s aujourd’hui mobilisé.e.s contre le "Plan étudiants", contre la sélection à l’université et de les empêcher de pouvoir exposer le contenu de leurs revendications.

Notre mobilisation vise à empêcher l’instauration de la sélection à l’université et à réclamer de meilleurs conditions d’étude. Pour nous faire entendre, nous pensons qu’il est nécessaire de construire un rapport de force, de se mettre en grève et de bloquer le fonctionnement normal de l’université. Des modalités d’action qui ont permis d’imposer par le passé une université ouverte à toutes et à tous et gratuite, mais dont la décision revient aux usagers.e.s de l’université qui doivent décider par elles et eux mêmes en Assemblée Générale pour décider collectivement de leurs modalités d’action. »