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Rétro 2017. Donald Trump : Un an sous le signe de la réaction 

20 janvier 2017, Donald Trump était officiellement investi comme 45e président des États-Unis. Largement soutenu par l’extrême droite nord-américaine, le milliardaire déjoué tous les pronostics en battant Hillary Clinton.

Crédit photo : AFP

Dès le 21 janvier, des centaines de milliers de femmes battaient le pavé pour contester l’élection d’un misogyne notoire. Le signe avant-coureur d’une première année difficile à la Maison Blanche pour Donald Trump ? Après sa victoire et une campagne présidentielle ponctuée par le scandale des ingérences russes, qui le poursuit encore aujourd’hui, il est indéniable que l’année 2017 du milliardaire président aura été marquée par des polémiques et des crises politiques. Celles-ci illustrent, en définitive, les contradictions ouvertes par et suite à son élection, ainsi que l’instabilité de la situation dans l’une des principales puissances impérialistes, comme expression de la crise organique.
 

Du désengagement des Etats-Unis de la COP 21 à l’échec du « Trumpcare » en passant par… un conflit ouvert avec le FBI

 
Sur le plan interne, Donald Trump aura eu bien du mal à imposer de but en blanc son programme réactionnaire et protectionniste. Soutenu par les fractions de l’industrie des énergies fossiles, Trump a certes réussi à désengager les Etats-Unis des accords de la COP21, mais il aura été mis en porte-à-faux jusque dans son propre parti sur ces questions centrales.
 
C’est le cas sur la question du « Trumpcare », censée mettre à bas le système d’assurance maladie instauré par Obama. Trump se sera heurté, jusqu’à l’abandon du projet, à un mur. Le point d’orgue aura été le retoquage du Sénat, où trois républicains ont fait bloc avec les démocrates pour mettre en échec le projet de loi.
 
Mais s’il y a bien une affaire qui a fortement ébranlé la première année de mandat de Donald Trump, c’est bel et bien le conflit ouvert avec les agences de renseignements, et notamment le FBI. Une affaire étroitement liée à celle des ingérences russes à la présidentielles de 2016 outre atlantique et qui a tenu en haleine des millions d’américains, notamment en juin 2017 lorsque l’ex-directeur du FBI maintenait en direct lors d’une séance au Sénat ses accusations de collusion entre Trump et la Russie. Un premier dépôt de résolution pour destituer le président américain avait même été déposé en juillet, fragilisant d’autant plus Donald Trump.
 

Sur le plan international, Trump montre les muscles pour s’affirmer… Un bilan plus que mitigé

 
Fragilisé en interne, Trump a très vite cherché à pallier ses faiblesses en haussant le ton sur la scène internationale. Au-delà des multiples interventions militaires, marqué par exemple par le largage de la plus grosse bombe conventionnelle de l’Histoire sur l’Afghanistan, le président milliardaire à très vite fait polémique, peinant à gagner en crédibilité sur le terrain géo-politique.
 
Trois moments marquant illustrent ces difficultés. Tout d’abord, l’épisode de la crise dans le Golfe, où la position de Trump en faveur de l’Arabie Saoudite dans un jeu à plusieurs bandes pour isoler l’Iran aura conduit à un véritable embargo régional sur le Qatar, allié (entre autre) de la France… et des Etats-Unis.
 
Il y a eu, bien sûr, l’escalade entre les USA et la Corée du Nord, contre qui Trump est allé jusqu’à promettre « le feu et la colère ». Une affaire qui aura fait surtout resurgir les vieux démons de conflits nucléaires, et de tensions entre les deux Corées, tandis que Trump est apparu largement comme une allumette allumée à proximité d’une poudrière.
 
En cette fin d’année 2017, c’est bien entendu la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Trump qui a mis le président américain sous le feu des projecteurs. Cherchant le soutien du sionisme israëlien, Trump a aussi joué contre ses propres alliés au Moyen-Orient, sans compter qu’il est à nouveau apparu comme source d’instabilité, et potentiellement source de tensions.
 

Un tournant bonapartiste aux bases fragiles

 
Alors que l’élection de Trump témoigne d’une véritable crise du projet néo-libéral à échelle internationale, avec le triomphe d’une ligne protectionniste, illustrant à l’échelle internationale un changement de pied, quelles qu’en soient les contradictions, d’une des principales puissances impérialistes ; force est de constater que l’année 2017 aura été semée d’embûches pour le 45ème président des Etats-Unis.
 
Pour l’heure, Donald Trump peine a imposer son projet économique, manquant d’appui au sein de sa propre bourgeoisie, dont les réticences de secteurs entiers se sont largement renforcées tout au long de l’année. En bon Bonapartiste, Trump a cherché à montrer les muscles, sur le volet sécuritaire et militaire, tandis que les difficultés s’accumulent sur le terrain de la politique en interne. Un renforcement de la politique guerrière qui pourrait aiguiser les tensions inter impérialistes, tout en œuvrant sur le terrain national à remettre en cause le reste des acquis du mouvement ouvrier.




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