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Royaume-Uni. Le gouvernement de Theresa May échoue face au brexit

Theresa May pourrait faire face à une motion de censure. À peine deux jours après avoir adopté un plan de sortie de l’Union Européenne, elle a dû se confronter à la démission de Davis David, l’ex-secrétaire responsable du brexit, et, plus récemment encore, à la démission de Boris Johnson, l’ex-ministre des affaires étrangères.

En essayant d’unir les deux secteurs du parti conservateur divisé – le bloc pro-européen et le bloc pro-brexit dur, sans accords avec Bruxelles – Theresa May avait apparemment réussi à proposer, ce vendredi 6 juin, un projet de loi autour des conditions du brexit qui contentait tant les partisans du brexit « doux » que du brexit « dur ». Pourtant, ce pari conciliateur de la dirigeante britannique, loin de refermer la crise que traverse le parti, et cela bien avant le referendum de juin 2016, a contribué à aggraver la crise de son propre gouvernement.

En effet, à peine deux jours après l’adoption de ce projet de loi, l’ex-secrétaire responsable du brexit, Davis David et l’ex-ministre des affaires étrangères, Boris Johnson – tous deux partisans d’un brexit dur, sans accord avec l’Union Européenne – ont démissionné en laissant un parti difficilement gouvernable et en ouvrant la possibilité à une éventuelle motion de censure contre Theresa May.

Or, tandis que Davis David a démissionné en raison de ses divergences politiques avec Theresa May autour de l’union des douanes et des accords commerciaux avec l’Union Européenne, Boris Johnson aurait démissionné afin de concurrencer la direction du parti conservateur. Un élément qui dans cette situation d’instabilité que traverse le gouvernement, promet d’approfondir plus sévèrement la divergence entre les deux blocs dans lesquels se divise le parti.

La fin de cette crise, pourtant, ne semble pas se profiler dans un futur immédiat. Tant les partisans du brexit doux et les partisans du brexit dur se heurtent à des obstacles qui ne permettent pas d’envisager une issue proche. D’un côté, les membres de l’Union Européenne, qui vont difficilement accepter un accord des douanes sans une législation commune avec le Royaume-Uni, ont déjà accusé le gouvernement de Theresa May de sélectionner uniquement ce qui l’arrange – comme la libre circulation des biens – et de rejeter tout ce qui ne l’intéresse pas, comme les politiques agricoles ou environnementales. De l’autre côté, les partisans du brexit dur, toujours minoritaires au sein du parti conservateur, doivent se confronter au secteur du patronat européiste, souhaitant maintenir un accord douanier afin de favoriser ses intérêts économiques. C’est le cas, par exemple, du secteur de l’automobile qui, en cas de rupture dure avec Bruxelles, devrait se confronter à une hausse des taxes de 10 % et des retards importants dans la production à cause des démarches douanières.

Ainsi, même si Theresa May a essayé ce début de semaine de resserrer les rangs du parti conservateur en agitant l’épouvantail de l’opposition dirigée par Jeremy Corbyn, la crise profonde que traverse le gouvernement britannique est, pour l’instant, inévitable et menace de s’approfondir.




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