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Nouveau scandale

Ryanair licencie six salariés après la publication d’une photo

L’entreprise Ryanair a licencié 6 employés à cause d’une photo postée sur Twitter. Cette photo montrait des employés dormant sur le sol d’une salle de l’Aéroport de Malaga.

Photo : Twitter (image ayant servi à interpeller la direction de Ryanair)

Dans la nuit du 14 octobre, une intempérie a bloqué le trafic aérien, obligeant 24 salariés de la compagnie aérienne Ryanair basée au Portugal, de passer la nuit à l’aéroport de Malaga au sud de l’Espagne. La direction a obligé ses salariés à rester à l’aéroport pour la nuit, et à se partager une salle d’équipage qui contenait seulement 8 chaises pour les 24 travailleurs. Face à cette situation ils ont décidé de réaliser une mise en scène, ou certains d’entre eux se sont allongés à même le sol pour dénoncer leurs conditions de travail et interpeller leurs direction.

Cette publication a entraîné la réaction du directeur des opérations Peter Bellew qui s’est tout de suite défendu en affirmant que tous les hôtels de la ville de Malaga étaient complets ce soir là et qu’il n’y avait pas eu d’autres solutions pour la nuit. Mais surtout, la direction s’est servie de cette publication afin de licencier pour faute grave pour 6 des 24 travailleurs, des licenciements qui ont pris effet ce lundi 5 octobre.

Ce n’est pas la première fois que Ryanair, qui gagne des milliards mais n’est pas prêt à loger décemment ses employés, a de telles pratiques envers eux. En effet, plusieurs rapports et témoignages dénoncent des conditions de travail précaires avec des cadences très soutenues et l’interdiction de se reposer entre chaque vol. L’entreprise a aussi mis en place des entretiens disciplinaires allant jusqu’au licenciement dans les cas d’erreur ou de retard.

Le syndicat espagnol STICPLA a aussi réagi à cette publication « Nous savons tous que Malaga (…) et toute la Costa del sol ont une offre de logement énorme, et surtout en octobre, pendant la basse saison » dans un communiqué envoyé ce mercredi à l’AFP. Ainsi que la présidente du syndicat portugais SNPVAC qui a renchéri « Cette photo controversée était surtout une manifestation du droit à l’indignation ».

Ce nouveau scandale met à nu la nature de la direction, bien décidée a mépriser et écraser ses salariés et ce dans un contexte de colère généralisée chez ces derniers, qui ont décidé, à travers des grèves à l’échelle de divers pays européens, de faire entendre leur voix face au géant des vols low-cost, en luttant contre ces pratiques et en revendiquant de meilleures conditions de travail.




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