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La trahison en marche ?

SNCF : Édouard Philippe demande la suspension de la grève pour le BAC, la CFDT s’exécute

Il n'aura fallu que quelques minutes, ce mardi, pour que la CFDT Cheminots accède aux demandes d'Edouard Philippe, réclamant une suspension de la grève des TER et RER lors des épreuves du baccalauréat. La CFDT prépare déjà sa « sortie de la grève » ?

Ce mardi, le gouvernement, par la voix d’Edouard Philippe, a lancé une attaque prévisible contre le mouvement des cheminots. En effet le premier ministre a déclaré, depuis l’Assemblée Nationale, que « du 18 au 25 juin se dérouleront les épreuves du Baccalauréat (qui) suscitent évidemment, de la part de ceux qui vont les subir, de ceux qui espèrent obtenir leur Baccalauréat et de la part de leur famille, beaucoup d’attentes et beaucoup d’inquiétude », et ainsi les syndicats à « mesurer leur responsabilité s’agissant de tous ceux qui vont passer le Baccalauréat ».

Ni une, ni deux, la CFDT Cheminots a sauté sur l’occasion pour accéder aux demandes du premier ministre ! Dans la lignée des récentes déclarations du secrétaire national Laurent Berger, qui entend à la sortie du congrès national de la confédération s’attirer les grâces de Macron, la fédaration cheminote de la CFDT a ainsi déclaré être « en colère et mobilisée, mais aussi responsable » et a appelé à « ne pas participer au mouvement de grève le lundi 18 juin et le vendredi 22 juin » par la voix de Didier Aubert, son secrétaire général.

Pourtant, les cheminots grévistes, qui défendent un service public du ferroviaire de qualité, ne sont en rien responsable des difficultés des lycéens pour se rendre sur leur lieux d’examen. Comme l’explique Laura, cheminote du Bourget à Paris, dans des propos tenues sur RMC et que nous avons relayé sur Révolution Permanente « si le gouvernement et la direction de la SNCF sont réellement préoccupés par les lycéens qui ont besoin de se déplacer pour passer leur bac, c’est à eux de faire les efforts, c’est à eux de retirer le pacte ferroviaire ! ». A cette vérité s’ajoute celle de la colère légitime provoqué par ParcourSup, qui bloque l’accès aux études supérieures pour de nombreuses et nombreux lycéens, notamment issus des classes populaires.

Alors que le gouvernement entend mettre une pression énorme sur les épaules des cheminots grévistes en utilisant le baccalauréat comme levier, la CFDT Cheminots fait honneur à sa ligne de « syndicalisme de conciliation » et se prête à la nouvelle offensive anti-cheminote du gouvernement et du patronat. Une prise de position, qui pourrait se décliner en un retrait pur et simple de la bataille dans les jours à venir, comme les déclarations de Laurent Berger le laissent entendre. Il s’agit donc aujourd’hui, à la base de la CFDT, de refuser ce coup de poignard dans le dos de l’ensemble des cheminots grévistes, en désavouant leur direction et en poursuivant massivement la bataille !




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