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Sephora. La CGT alerte sur la multiplication des licenciements chez le géant du cosmétique

Alors que les bénéfices de Sephora, filiale de LVMH, ont plus que doublé entre 2015 et 2016, la CGT Commerce sonne l’alarme suite aux informations interceptées au dernier comité d’entreprise, et surtout après un constat inquiétant concernant les procédures de licenciements en cours.

Lors de l’interview d’une élue CGT, Jenny Urbina, réalisée par LSA, «  Certes, toutes les procédures n’aboutissent pas sur un licenciement mais on est sur une moyenne de deux procédures par semaine […] « sans cause réelle et sérieuse ». « Les licenciements pour faute grave sont aussi plus nombreux ». Utiliser le licenciement pour faute grave est une pratique courante pour s’épargner d’essayer de justifier l’injustifiable, car quand l’entreprise va bien, difficile de trouver les arguments… L’élue CGT donne un exemple, dans l’article de LSA, qui illustre bien le phénomène « Dans un magasin qui vient d’être fermé, cinq salariés sont en procédure de licenciement pour faute grave. » Lorsqu’un magasin ferme ses portes, l’employeur est légalement dans l’obligation de reclasser ses salariés en CDI sur un d’autres sites. Licencier pour faute grave épargne donc à la direction de mettre en œuvre cette procédure, et lui permet ainsi de faire des économies sur le dos des travailleurs.

Suite à ces déclarations, la direction de Sephora s’est empressée de démentir les propos de la CGT. Du côté de la direction il est entendu qu’il ne s’agit que de quelques procédures de licenciements individuels en cours, et que la fermeture parallèle des magasins ne serait que pure coïncidence. Interrogé par LSA, un représentant de Sephora a ainsi déclaré : « Rapprocher procédures de licenciement et fermetures de magasins est fallacieux ».

En attendant, la CGT rapporte que « Lors des dernières réunions du Comité d’Entreprise, la direction a fait savoir que sa stratégie commerciale était de se débarrasser des magasins qui ne font pas assez de profit », et même si les dirigeants de l’entreprise entendent démentir toutes les dénonciations de la CGT, les chiffres parlent d’eux-mêmes : Sephora a doublé ses bénéfices l’année précédente – environ 70 millions d’euros en 2015 contre plus de 188 millions en 2016 – et politiques et médias sont de concert pour vanter les profits de la première fortune de France, Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH. Pendant que la filiale du groupe a laissé sur le carreau près d’une centaine de ses salariés entre 2016 et 2017.




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