^

Cultures

Du tour du monde de Coville au Vendée Globe

Sodebo sur les mers : opération marketing réussie !

Qui n’a jamais été impressionné par les voiliers géants des courses en solitaire ou en équipe qui font un tour du monde digne de Jules Vernes ? Ces mastodontes, monocoques ou multicoques, avec ou sans hydrofoil, qui filent à des allures dignes des formules 1, font rêver petits et grands émerveillés par les immensités nautiques. Mais à quel prix ? Alors que Thomas Coville vient de boucler son tour du monde en établissant un nouveau record, le Vendée Globe continue et les skippers passent chacun leur tour le cap Horn ; deux évènements sponsorisés par Sodebo, le vendeur de pizza et de pâtes, qui fait là une bien belle opération marketing.

Il faut avant tout rappeler l’exploit extraordinaire de Thomas Coville, qui, à bord de Sobedo Ultim, un trimaran bâti sur les bases de Geronimo, un ancien bateau du champion Olivier de Kersauson, a explosé l’ancien record du monde du tour du monde en solitaire et sans escale. Le bateau en question est hors-norme : 31 mètres de long, un mat de 35 mètres, tout en carbone, équipé de foils –qui permettent pratiquement de faire « voler » le bateau– : c’est un « bijoux technologique » qui a permis au skipper breton de faire ce tour en 49 jours et 3 heures. Une épopée très risquée qui traverse les mers les plus dangereuses du monde, entre les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants, qui est entre le rêve et le cauchemar, entre les émotions les plus intenses et la mort qui a emmené de nombreux skippers.

Parallèlement à ce tour du monde se déroule une course qui oppose 29 skippers (dont 10 ont d’ores et déjà abandonné), qui est aussi un tour du monde : le Vendée Globe, une course en solitaire, mais sur monocoque IMECA cette fois-ci. Des images toutes aussi impressionnantes, alors que les concurrents sont en train de passer le célèbre cap Horn au sud de l’Argentine.

Le moins qu’on puisse dire c’est que l’arrivée de Thomas Coville est particulièrement bien calibrée : sponsorisé par Sodebo, une entreprise agroalimentaire originaire de Vendée au chiffre d’affaire de 455 millions d’euros, le recordman à permis de faire un gros plan sur son bateau –dont la voile géante est estampillée du logo de ladite marque– son équipage, ses tenues, toutes au nom du vendeur de pizza. Sans jamais prononcer son nom, toutes les télévision ont donc permis de faire une grande publicité pour l’entreprise, qui investit près de 2,5 millions d’euros dans le sponsoring du skipper chaque année. Or, dans deux semaines, ce seront les skippers du Vendée Globe qui arriveront à leur tour, sur cette course sponsorisée par... Sodebo ! Seul parrain officiel privé de la course, l’entreprise des « pastabox » fait donc un joli hold-up publicitaire. « On calculera les retombées de manière quantitative, comme de l’achat d’espace, et de manière qualitative en analysant la notoriété de la marque auprès de ceux qui la connaissent et de ceux qui ne la connaissent pas », explique Patricia Brochard, l’une des trois coprésidentes de Sodebo, qui a fait le pari d’une telle campagne publicitaire.

Mais rassurons nous, il n’y a pas que les pizzas à la manœuvre ! Sur le Vendée Globe, c’est Armel Le Cléac’h qui est en tête sur Banque Populaire VIII, suivi de près par Alex Thomson sur Hugo Boss, avec en troisième position, Jérémie Beyou, sur Maître Coq. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le nom de bateau ne fera surement pas rêver les enfants, plus enchantés de Santiano et d’autres aventuriers marins que par les costumes trois-pièces et les contrats d’assurance-vie. Des courses qui sont souvent par ailleurs les seuls moment de répit pour des marins qui passent sûrement plus de temps à trouver sponsors et partenaires qu’à naviguer.




Mots-clés

Publicité   /    Voile   /    Cultures