^

Jeunesse

Flics et Fachos hors de nos facs !

Strasbourg, l’UNI et les fachos débloquent la fac dans la nuit, les CRS prennent le relais le matin

Une fois encore, les milices d'extrême-droite ont joué leur rôle de briseur de grève et d'éléments supplétifs aux forces de l'ordre. Dans la nuit, ils ont débloqué les bâtiments de la fac de Strasbourg et au petit matin, ce sont les CRS qui occupaient la fac.

Les étudiants mobilisés de Strasbourg ont eu une drôle de surprise très tôt ce matin en se rendant sur leur fac. Les bâtiments n’étaient plus bloqués par leurs barricades et les CRS étaient déployés sur la fac.
L’UNI et Génération identitaire sont responsables du déblocage, de concert avec la direction de la fac. Ils ont servi de forces supplétives pour faciliter le travail de répression de l’administration, puis de la police. Cela, alors même que le blocage avait été reconduit démocratiquement en AG la veille.

Un élément de plus qui rappelle le printemps d’il y a 50 ans. L’UNI, syndicat de droite a été créé en 1968 par l’aile droite de l’ UJP, les jeunes gaullistes, sous l’égide de Jacques Foccard, monsieur France-Afrique de l’Élysée, président d’honneur du syndicat à sa fondation. La réunion fondatrice a eu lieu en novembre 1968 au siège du Service d’Action Civiques rue de Solférino, dans le bureau de Pierre Debizer, patron du SAC. Dans les caves du bâtiments, des étudiants mobilisés lors du printemps avaient été tabassés et interrogés. Le rôle de ce syndicat ? Lutter contre les étudiants sortis extrêmement politisés du mouvement de mai 68. Ici, ici il joue à plein son rôle historique et refait la geste des origines.

D’ailleurs, les étudiants de l’UNI ont publié une vidéo du déblocage faisant référence au discours de De Gaulle lors de la libération de Paris. Voici la version du post facebook : « Unistra ! Unistra outragée ! Unistra brisée ! Unistra martyrisée ! Mais Unistra libérée ! Libérée par elle-même, libérée par son peuple avec le concours de l’armée des étudiants contre les blocages ! »

Les étudiants de l’UNI ont justifié le déblocage avec les mêmes arguments frelatés qu’ils ressortent en permanence : une minorité qui bloquerait la fac contre l’avis général des étudiants – même si cette minorité reste invisible dans les Ags, et dans les votes qui s’y expriment. Une rengaine bien connue et toujours mise en avant par les anti-bloqueurs. Du populisme de la part de l’UNI puisque le syndicat est bien évidemment pour la sélection à l’université et donc veut briser coûte que coûte le mouvement.

Pourtant comme l’expliquent les étudiants mobilisés, les étudiants de l’UNI sont plus que minoritaires : « Vous êtes que trois de l’UNI à vous planquer derrière la sécu[rité], face à nous : elle est où la minorité maintenant ? »

Les réactionnaire de l’UNI expliquent qu’à cause des bloqueurs, 900 étudiants n’ont pas pu passer leurs partiels, partiels qui ont été localement suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Or l’UNI peut compter sur le soutien du président de l’université de Strasbourg, Michel Deneken qui a assuré mardi 10 avril sur Franceinfo que « les examens auront lieu ». « En bloquant l’université, ils bloquent l’ascenseur social. Moi, j’ai vu des étudiants qui ne sont pas plus riches que ceux qui manifestent, peut-être même moins, repartir en pleurs parce qu’ils ont préparé des examens qu’ils ne pourront pas passer. Donc la dictature d’un petit nombre qui prétend libérer les gens qui sont ignorants, c’est une vue de l’esprit. »
Une dictature ? Des étudiants qui n’ont que le blocage comme moyen de se faire entendre à ce moment de la mobilisation et qui votent démocratiquement des revendications, y compris le blocage ?

Ce sont pourtant pas plus de trois étudiants accompagnés du groupuscule d’extrême droite Génération Identitaire, qui ont débloqué un blocus voté par plus de 400 étudiants. Lors de l’AG de mardi, les militants de l’UNI, au lieu de participer à ce cadre démocratique, avaient déjà essayé d’enlever les barricades sans succès.

Après le sale boulot effectué par ces graines de fascistes, entourés de leurs comparses identitaires plus expérimentés, le président de la fac a décidé d’envoyer les CRS pour réprimer. Le principe même de la dictature n’est il pas de faire taire tout élément de contestation par la force ?

Le fait que ce matin les CRS soient déployés une fois encore sur la fac montre que tout été prévu. Un exemple de plus de la collusion entre groupes fascistes, étudiants de droite réactionnaire, de la présidence d’une fac et des forces de répression.

Deneken, présidence de l’université de Strasbourg, avait en effet, prévenu dès mardi que l’intervention des CRS était envisageable. A Franceinfo, il a expliqué que « nous verrons selon l’évolution de la situation quelle mesure prendre ». Le soir même les étudiants et fachos débloquaient la fac et le lendemain matin les CRS étaient sur le campus comme cela avait déjà été le cas le 22 mars et le 4 avril.

Face à cette intervention du groupe d’extrême droite Génération identitaire et des membres de l’UNI nous devons répondre Facho hors de nos facs ! Face à l’intervention des CRS dans la fac qui empêchent l’accès aux bâtiments, exigeons que les flics soient hors de nos facs ! Ce n’est qu’à nous, étudiants, professeurs, salariés de l’université mobilisés de décider de nos moyens de lutte. Flics et fachos hors de nos facs !

Crédits Photo : FREDERICK FLORIN. AFP




Mots-clés

Plan Etudiants   /    mouvement étudiant   /    Sélection à l’université   /    Strasbourg   /    Université   /    Extrême-droite   /    Répression   /    Jeunesse