^

Société

#NosViesValentPlusQueLeursProfits

Suicides à France Telecom, l’ex-PDG de l’entreprise renvoyé devant le tribunal

A la fin des années 2000, une réorganisation importante dans l'entreprise publique France Telecom a causé une vague importante de suicides. Cette réorganisation voulue par l'ancien PDG, Didier Lombard, l’emmène, lui et l'entreprise, encore aujourd'hui à devoir s'expliquer devant le tribunal.

Aujourd’hui, les juges d’instruction souhaitent rappeler l’ex-PDG et l’entreprise devant le tribunal pour s’expliquer sur les comportements agressifs envers les salariés qui ont mené beaucoup d’entre eux à se donner la mort. Ainsi les juges ont intenté un procès contre l’ancien PDG et l’entreprise France Telecom pour « harcèlement moral » lié à différentes pratiques comme « l’incitation répétées au départ, isolement, missions dévalorisantes ».
 
Seront appelés à la barre du tribunal correctionnel de Paris, aux côtés de l’ancien PDG, six autres dirigeants et cadres de l’entreprise – devenue depuis Orange – pour « complicité de harcèlement moral ». Pour cela les juges d’instructions ont retenu une longue liste de faits dans leurs ordonnances de 650 pages. Ces pratiques employées par la direction de France Telecom sont, selon les juges d’instructions, « des politiques d’entreprise visant à déstabiliser les salariés » créant « une atmosphère anxiogène ».
 
Cette vague de suicide a fait suite à la réorganisation radicale voulue par la direction et le gouvernement qui souhaitaient privatiser l’entreprise, mettant une pression énorme sur les salariés. Ces changements, souvent faits sans concertation avait pour but de supprimer 22 000 postes en 2 ans. L’affaire a vu le jour suite à la plainte du syndicat SUD et à la suite de nombreux suicides ; 19 salariés se sont donné la mort, 12 ont fait des tentatives de suicides et d’autres encore ont subi des périodes de dépression. Ce décompte ne tient pas compte des cas qui ont suivi les suppressions des postes, ni les cas plus récents. Les salariés s’étaient révoltés de la paye mirobolante de Didier Lombard ainsi que de ses stock options suite à la réorganisation épineuse de France Telecom. Didier Lombard lui, à la tête des vagues de licenciements, ne se gênait pas à l’époque pour se moquer des salariés qui avaient encore l’esprit « fonctionnaire ».Pour cet ex-PDG, l’argent qu’il a pu empocher a à l’évidence plus de valeur que la vie humaine.
 
Dans un communiqué, le syndicat CFE-CGC, partie civile dans l’affaire France Telecom, ajoute qu’il se félicite de cette décision mais « regrette cependant que le chef d’homicide involontaire n’ait pas été retenu » , « la responsabilité morale des sept prévenus dans la crise sociale et ses conséquences les plus tragiques, les suicides de nos collègues, est avérée ».
 
La responsabilité de la direction et de l’État, qui était actionnaire majoritaire de France Telecom, est immense et entière. Les politiques de privatisation et de réorganisation conduisen à des pertes d’emploi massives, entraînant la destruction de familles et de vies. Ce sont ces politiques de privatisation, voulues par les gouvernements successifs, qui ont ensuite ravagé les entreprises publiques de l’énergie et la Poste, qui touchent aujourd’hui la SNCF, où là aussi les suicides se comptent par dizaines chaque année.




Mots-clés

France Telecom   /    Services publics   /    suicide   /    #NosViesValentPlusQueLeursProfits   /    Société