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Monde

7 ans de guerre, ça suffit !

Syrie. Les bombardements occidentaux ne vont rien régler, au contraire !

Depuis lundi les bombardements occidentaux contre le régime d’Assad semblent imminents. Alors que certains se résignent à dire que cette offensive est la seule alternative, comme précédemment en Irak et en Libye, ces interventions ont démontré que, au contraire, l’action des puissances impérialistes n’arrêtera pas la guerre et ne résoudra aucun problème.

Crédit Photo : AFP

Le ton est monté depuis l’attaque aux armes chimiques à Douma, près de Damas, attribuée au régime de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran. Les puissances occidentales ont déclaré qu’elles allaient riposter, avec ou sans une résolution de l’ONU. Les États-Unis et la France, associés à la Grande-Bretagne, sont à la tête de cette nouvelle offensive qui est en train d’exacerber les relations entre l’ouest et la Russie.

Dans un contexte général d’hostilité entre Moscou et les impérialistes, commencé en 2014 avec l’annexion de la Crimée par la Russie et les sanctions économiques occidentales, le ton n’a cessé de monter depuis lundi entre les deux « camps ». A cela, il faut ajouter l’affaire de l’empoisonnement de l’ex-agent double des services secrets russes passé du côté des britanniques, Sergueï Skripal.

En effet, en avril de l’année dernière, Trump avait déjà lancé une attaque contre une base militaire du régime suite à une attaque chimique attribuée également à Assad. A l’époque la Russie avait été prévenue et l’action militaire s’était limitée à cette attaque, à tel point que peu de temps après la base avait retrouvé son fonctionnement normal.

Aujourd’hui la Russie ne semble pas prête à laisser les occidentaux frapper son allié syrien. Et les responsables russes ont déjà averti que tout missile lancé contre la Syrie serait intercepté mais aussi que les responsables de l’attaque seraient pris pour cible.

Cette détermination de la Russie semble être en train de freiner le lancement de l’offensive des impérialistes occidentaux. Cependant, il est peu probable que cette attaque n’ait pas lieu : ne pas bombarder alors que l’on avait « promis  » de la faire en cas de « franchissement de la ligne rouge d’une attaque chimique » ce serait perçu comme un recul important et une victoire incontestable pour Assad et ses alliés russes et iraniens.

Cependant, il se peut que Washington et Paris soient en train d’évaluer plus précisément les cibles, voire en train de négocier ces cibles avec Moscou. Il est probable que les bombardements soient plus importants que ceux d’il y a un an mais limités dans le temps et ponctuels, essayant d’éviter précisément de toucher aux intérêts et surtout aux soldats de la Russie mais aussi de l’Iran. Pour ce dernier, c’est surtout la France qui a intérêt à ne pas trop le froisser car l’UE entend sauver l’accord sur le nucléaire iranien que Trump menace d’envoyer à la poubelle de la diplomatie.

Bombarder pour arrêter les massacres d’Assad ?

Il y a plusieurs voix qui voient que la France, les États-Unis et les autres puissances occidentales poursuivent d’autres intérêts en Syrie et dans la région que celui de préserver des vies civiles. Cependant, on considère que bombarder Assad est la seule, voire la meilleure façon, de mettre un terme à cette guerre catastrophique qui dure depuis 7 ans déjà.

Cependant, l’histoire très récente (pour ne pas remonter plus en arrière) nous montre tout le contraire. Les interventions militaires des puissances impérialistes, notamment depuis le début des « révolutions arabes », n’ont fait qu’approfondir le désastre sur place. La guerre en Libye est peut-être l’un des exemples les plus criants de cela, sans même parler de l’invasion de l’Irak en 2003 qui en plus a été justifiée avec de fausses preuves et arguments.

Mais même en faisant abstraction de ce passé très récent, aujourd’hui les objectifs des bombardements franco-américains ne semblent clairement pas être ceux de renverser Assad ni même de mettre fin à la guerre. Les frappes que les occidentaux sont en train de préparer ont un caractère « punitif » et viseraient au mieux, selon les informations et déclarations des principaux protagonistes, à diminuer les capacités du régime à utiliser des armes chimiques. Autrement dit, bombarder des installation de fabrication de ces armes chimiques.

C’est à dire que les bombardements conventionnels pourraient continuer « tranquillement » comme jusqu’à présent. D’ailleurs, il faut rappeler que l’écrasante majorité des morts en Syrie ont été causés précisément par ces bombes « conventionnelles ».

Les bombardements occidentaux, au contraire, pourraient avoir pour conséquence d’ouvrir un conflit bien plus grave impliquant des puissances internationales et régionales. En cas de riposte de la Russie contre des installations militaires, des avions ou navires militaires occidentaux cela pourrait provoquer une escalade dangereuse, sans précédents depuis la fin de la Guerre Froide, voire depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Parallèlement, un conflit régional reste toujours une possibilité. L’État israélien a été accusé d’avoir attaqué des installations militaires du régime, après le bombardement chimique, où des militaires iraniens sont décédés. Et on ne peut pas oublier que la Turquie poursuit son offensive contre les forces Kurdes en Syrie et en Irak, alliées de circonstance des États-Unis.

Mettre fin à la guerre !

Une solution progressiste à ce conflit ne peut venir que de la main de la classe ouvrière en alliance avec les secteurs populaires et les opprimés de la région en lutte contre les forces capitalistes locales et contre l’impérialisme, pour l’auto-détermination des peuples et contre toutes les oppressions. Mais cette guerre a en grande partie atomisé et neutralisé cette force sociale.

Pour qu’elle puisse se régénérer il faut immédiatement mettre fin à la guerre. Mais pas n’importe quelle « paix ». Ce ne sera pas la « paix » d’Assad et ses alliés iraniens et russes qui créeront les conditions pour la régénération de la classe ouvrière. Encore moins la « paix » des puissances impérialistes qui n’hésiteront pas à mettre en place un gouvernement tout aussi réactionnaire, corrompu et répressif que le « clan Assad », voir pire.

Cette paix doit être imposée par un vaste mouvement de solidarité international, de classe, s’appuyant sur les luttes qui portent des éléments progressistes comme celle du peuple Kurde qui malgré la direction désastreuse du PYD/PKK porte la lutte pour l’auto-détermination du peuple Kurde.

En ce sens, la classe ouvrière dans les pays impliqués doit se mobiliser pour imposer le retrait immédiat de « leurs » troupes et des forces militaires que « leurs » gouvernements financent en Syrie. Toutes les puissances impérialistes et régionales doivent se retirer immédiatement de la Syrie et cesser leurs interventions : la Turquie, la Russie, l’Iran, l’État israélien, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe.

En France les travailleurs et la jeunesse, actuellement en lutte contre les attaques de Macron, doivent inclure dans leur revendications le retrait immédiat de la France de la Syrie, de tout le Moyen Orient ainsi que de l’Afrique et de partout dans le monde où les plus de 30 000 militaires français sont déployés. C’est une tâche de solidarité internationaliste centrale mais aussi une tâche centrale dans la lutte contre Macron et son gouvernement ici même.

Aucune confiance ne peut être faite aux acteurs de cette guerre. Une guerre complètement réactionnaire. Face à la nouvelle menace d’intervention impérialiste les exploités et opprimés doivent dire clairement : NON aux bombardements impérialistes ! A bas Assad et ses alliés !  




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