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Politique

Bientôt des gendarmes dans les trains

« Train Marshalls » : la SNCF place ses voyageurs sous surveillance policière formée par le GIGN

Depuis la mi-novembre, un nouveau dispositif « sécuritaire » a été testé par la SNCF et le gouvernement en toute discrétion : mettre dans les trains, pour certains trajets, des gendarmes en civils formés par le GIGN. S’ajoutant aux agents de sûreté SNCF armés dans les trains, le tournant parano-sécuritaire ne fait que prendre de l’ampleur.

« Prévenir les attaques terroristes », voilà ce qui motive la SNCF et le gouvernement à projeter la mise en place d’équipes de gendarmerie entraînées par le GIGN en civils dans ses trains. Dans le secret complet ils ont ainsi testé ce dispositif en mobilisant six gendarmes. Cette mesure s’inspire du dispositif états-unien des « Airs Marshalls », même principe, sauf que ce sont des « agents d’élite » dans des avions.

La loi Savary de mars 2016 qui visait à renforcer « la prévention et la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs » avait déjà permis à la SNCF, entres autres mesures de flicage, d’armer ses agents de sécurité. En décembre 2016, près de 3.000 agents de la SNCF patrouillaient dans les gares et les trains, arme au corps, « pour lutter contre les incivilités » ? Certes non, pour lutter contre le terrorisme, grande cause du gouvernement permettant de légitimer de plus en plus sa politique répressive. Sauf que le représentant FO à la Surveillance Générale déclarait au moment de la mise en place de ce dispositif qu’ils n’étaient pas « formés à la lutte antiterroriste ».

C’est ainsi que le deuxième volet amorcé par la loi Savary peut s’ouvrir, dans un contexte de renforcement du caractère sécuritaire, et répressif, de l’État. Cette fois-ci ce seront des agents formés qui accompagneront nos trajets « sensibles » ! Formés ou pas, doit-on encore rappeler le nombre de « bavures » commises par tous ces gens en arme ? Après cette « expérience », un rapport de la gendarmerie a été transmis aux ministères de l’Intérieur et des Transports. Il ne manque plus que l’approbation du gouvernement qui ne devrait pas manquer de ratifier cet énième mesure sécuritaire.

Des trains placés sous surveillance, quand le gouvernement se donne carte blanche pour institutionnaliser l’État d’urgence, pour légitimer par la peur sa surveillance et sa répression. Insuffler la peur d’un « ennemi terroriste » à l’intérieur, et faire des forces armées les grandes protectrices de la « population française » quand celles-ci mènent une politique impérialiste meurtrière sur ordre du gouvernement.

Crédit photo : Radio France - Delphine Martin




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