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Monde

Assemblée Générale de l'ONU

Trump réaffirme sa vision de l’ « America First » à l’ONU

A l'occasion de l'Assemblée Générale de l'ONU, Trump a tenu un discours qui réaffirmait sa vision agressive de l' « America First. » Une posture de force qui masque en réalité les profondes divisions de la bourgeoisie américaine à l'approche des élections de mi-mandat.

Crédits photo : Reuters/Carlos Barria

Trump s’en est donné à cœur joie. Pendant de longues minutes il a profité de sa tribune à l’ONU pour réaffirmer sa vision de l’America First. Il a mené une attaque en règle contre l’ordre mondial néolibéral, fustigeant les « ennemis » de l’Amérique, l’Iran en tête – accusée d’être une « dictature terroriste » – mais aussi tous ceux que Trump accusent de profiter injustement de la puissance américaine.

Ce n’est pas nouveau. Depuis son élection, Trump mène une attaque systématique contre l’ordre mondial néolibéral façonné par les États-Unis depuis l’ère post guerre froide. Trump a successivement et simultanément mené des guerres commerciales sur tous les fronts : contre ses anciens alliés et contre la Chine ; il s’est retiré de l’accord iranien sur le nucléaire ; ou encore a menacé d’une intervention militaire en Corée du Nord il y a quelques mois.

Toutes ces raisons font que malgré sa virulence, le discours de Trump n’a guère surpris à l’ONU. La véritable question qui effraie la bourgeoisie européenne est celle de savoir si Trump ne constitue qu’un phénomène passager ou une tendance de fond. Ces craintes ont été résumées par le Washington Post dans un article : « La question clé est de savoir si Trump est une aberration ou la nouvelle norme. “De nombreux experts en politique étrangère, et la plupart des dirigeants étrangers qui se sont rendus à New York cette semaine pour l’Assemblée générale des Nations Unies, ont compté sur le premier”, a écrit Robert Kagan, un éminent néoconservateur de Washington, “Ils placent leurs espoirs dans les élections de 2020 pour remettre l’Amérique sur son ancienne voie. Mais ils devront peut-être commencer à faire face au fait que ce que nous voyons aujourd’hui n’est pas un spasme, mais une nouvelle orientation de la politique étrangère américaine, ou plutôt un retour à des traditions plus anciennes ”. »

Le fait que que la première puissance mondiale contribue à saper l’ordre global qu’elle-même a façonné en dit long sur le degré de crise mondiale que travers le capitalisme.

Mais en réalité, la posture belliqueuse de Trump à l’ONU vise surtout à envoyer un message à ses électeurs au moment où ce dernier connaît une crise importante. Car les élections américaines de mi-mandat qui se tiennent en novembre constitueront un véritable test pour Trump et son administration. En effet, selon des sources internes, c’est le chaos qui règne à la Maison-Blanche, signe de fortes dissensions au sein de la bourgeoisie américaine sur la ligne à adopter face à l’érosion de l’hégémonie américaine.

La ligne belliqueuse de Trump est en effet loin de faire l’unanimité, et les multiples affaires qui le touchent lui et ses proches laissent planer des doutes, pour le moment peu probables, de destitution. Pour retrouver une telle situation de crise dans l’administration américaine, il faut remonter à l’ère Nixon et la défaite des États-Unis au Vietnam.

Toutefois, si la situation est loin d’atteindre une telle ampleur, les élections de mi-mandat constitueront une réelle épreuve pour l’administration Trump.




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