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Monde

Vent de révolte

Tunisie : un mort en marge du mouvement contre la hausse des prix

Le soulèvement iranien est parti à cause de l'augmentation du prix des œufs. Au Soudan, on manifeste contre la hausse du prix du pain. Et en Tunisie, de nombreuses villes sont secouées par des manifestations contre le chômage, l’inflation et la création de nouvelles taxes dans le cadre de la loi de finance de 2018. Un vent de révolte semble se lever dans le pays qui a lancé, il y a 7 ans, le printemps arabe.

Sept ans après la révolution tunisienne, les causes de la colère sont encore présentes tant ce sont « les groupes affairistes et mafieux qui apparaissent comme les principaux bénéficiaires du renversement de l’ancien régime » comme le souligne l’appel lancé le 17 décembre dernier par plus d’un millier de démocrates tunisiens. Confronté à une baisse de revenus conséquente au recul de la fréquentation touristique et des investissements étrangers, le gouvernement a mis en vigueur un plan de financement très impopulaire qui ne sortira ni les campagnes ni les habitants des grandes villes de la précarité où elles se trouvent.

Inflation, augmentation des prix du gasoil, des voitures, des services téléphoniques et d’internet ont donc fait sortir dans la rue des milliers de manifestants dans près d’une dizaine de villes du pays, de Tunis à Thala et Kasserine dans le centre du pays jusqu’à Sidi Bouzid, berceau du mouvement des printemps arabes de 2011. La loi de finances de 2018 a déclenché la colère des manifestants ce lundi au point de créer de violentes échauffourées avec la police dans de nombreuses villes : on compte onze policiers blessés et quatre véhicules endommagés par des jets de pierre et de cocktail Molotov. Mais on déplore surtout la mort d’un homme de 43 ans en marge d’un rassemblement dans la nuit de lundi à mardi à Tebourba, au sud de Tunis.

Si le gouvernement cherche à se dédouaner en réduisant ces manifestations à des protestations de « gens qui cassent, volent et agressent les Tunisiens », comme le fait le Premier ministre, la colère n’en est pas moins palpable à quelques mois des premières élections municipales de l’après-révolution.

Les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires tunisiens ont mené des luttes très importantes ces dernières années. S’ils réussissent à faire reculer le gouvernement, cela pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble de la région, à commencer par les travailleurs au Maroc et en Algérie.

Crédits photo : afp.com - FETHI BELAID




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