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Politique

Nouvelle casserole gouvernementale

Une affaire à 586 000 € : le Canard enchaîné révèle un « arrangement familial » de Richard Ferrand

Le « renouveau politique » nous sert toujours les mêmes histoires. Après le député Alain Tourret, membre de la République En Marche (REM) qui a détourné son indemnité parlementaire pour s’offrir des plaisirs personnels, c’est au tour d’un ministre du gouvernement « irréprochable » d’Emmanuel Macron d’être dans une affaire de sous, une affaire d’immobilier et de famille.

Richard Ferrand est un fidèle du nouveau Président : c’est le premier député PS à avoir rejoint les rangs d’En Marche. Il est aujourd’hui secrétaire général d’En Marche ! et ministre de la Cohésion des territoires. Entre 1993 et 2012, Richard Ferrand était directeur général des Mutuelles de Bretagne, un organisme à but non lucratif. Sa compagne a effectué des consultations juridiques pour celles-ci, mais surtout elle a remporté une offre d’un marché immobilier de façon un peu suspecte.

En 2011 Richard Ferrand est alors directeur général des Mutuelles de Bretagne, des mutuelles qui cherchent des locaux pour développer un centre de soin à Brest. Le conseil d’administration de l’organisation, réuni en sa présence, étudie alors trois offres de location.

Bizarrement celui-ci va choisir l’offre portée par "Saca" qui n’a pourtant à cet instant ni existence légale, ni le titre de propriété du bien qu’elle propose. Ce n’est qu’une fois le choix acté par les Mutuelles que Sandrine Doucen, qui n’est autre que la femme de Richard Ferrand, va déposer à son nom les statuts de cette société en préfecture. Grâce au loyer annuel de 42 000 euros qu’acceptent de verser les Mutuelles, elle a pu acheter ce bien immobilier 100% à crédit, sans verser 1 centime.
Mais en plus de ce gain de patrimoine, le Canard Enchaîné pointe d’autres « détails ».

Ainsi ce sont 184.000 euros, là encore payés par la mutuelle, qui permettent la prise en charge de la rénovation des locaux qui étaient en mauvais état.

En outre, celle-ci semble plus généreuse avec sa famille qu’avec ses amis : propriétaire à 99% des parts, la femme de l’actuel ministre avait constitué une SCI avec un ami du couple qui avait participé à hauteur de 1 euro afin de rendre possible l’opération (la constitution d’une SCI nécessitant au moins deux participants). Or, « en février dernier, l’ami aveyronnais du couple Ferrand-Doucen a revendu sa part unique à l’une de leurs filles » note l’hebdomadaire.

Il aura fallu six ans pour que cette histoire de contrat ré-émerge, preuve s’il en fallait, que les histoires de corruption sortent difficilement. Depuis la création de la société, la valeur des parts a été multipliée par 3000, la femme du conseiller régional de Bretagne s’est ainsi constituée un patrimoine de 402 000 euros, intégralement financé grâce aux loyers de la mutuelle de Richard Ferrand. « On ne choisit pas sa famille » ou on « choisit sa famille » - et ses associés.

Si le Parquet national financier fait savoir à RTL qu’il « étudiera ces informations avec l’attention qu’elles méritent », ce montage immobilier n’est à priori pas illégal. Ainsi Richard Ferrand est soutenu par sa « nouvelle » famille politique qui doit mettre en place sa toute première réforme législative, un projet sur la « moralisation de la vie publique » dont nous attendons pas grand-chose, « tel arbre, tel fruit. »




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