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Notre classe

Violences policières

Une brutale interpellation policière filmée à Digne-les-Bains

Filmées par un passant, les images sont éloquentes : un jeune se fait brutaliser par plusieurs policiers et n'oppose résistance à l’interpellation des « forces de l’ordre » à aucun moment. Cette vidéo amateur prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux et contraint l’IGPN à ouvrir une enquête.

La vidéo publiée d’abord sur Snapchat et ensuite sur Twitter montre les images d’une interpellation policière dans une rue peu fréquentée de Digne-les-Bains, chef lieu du département des Alpes-de-Haute-Provence. L’agression s’est produite juste après les célébrations de la traditionnelle fête de la lavande. Les images ont été prises par un jeune passant de dix huit ans surpris par la violence de l’action de la police, dans la nuit de mardi à mercredi, vers 2h du matin.

« On voit bien que le mec ne se défend pas. Quand le premier flic le tient par la gorge et que le deuxième vient le frapper, il ne bouge plus », rapporte le jeune au journal 20 minutes « Ce type, c’était juste un mec qui avait trop bu ». Depuis ses déclarations, le jeune homme à été convoqué par le commissariat pour prendre ses déclarations.

Sur la vidéo, on voit parfaitement comment un homme torse nu se tient contre l’entrée d’un immeuble. Un policier le tient par le cou et lui assène deux coups de pieds avec l’intention de le mettre à terre, puis un autre policier prend de l’élan pour lui donne un coup de pied qui réussit à faire tomber par terre l’individu, après quoi un chien se jette sur lui, suivi d’autres policiers.

Selon LeParisien, la radio locale Alpes 1 aurait affirmé que le maître-chien ne faisait pas partie des effectifs de la police de Digne-les-Bains, il serait « en mission ». L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête pour « violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ». La Ligue des droits de l’homme mène aussi son enquête localement et a adressé une lettre au procureur en demandant entre autres l’état de la personne agressée et si celle ci a reçu les soins nécessaires suite à son interpellation.

Les images sont claires… mais combien d’interpellations brutales comme celle ci passent sous le silence et l’anonymat ? Une victime qui ne sera pas la dernière, car cette violence d’état est institutionnalisée et le cas de la famille Traoré, l’acharnement qu’ils subissent, nous rappelle que les acteurs de cette violence restent la plupart des cas impunis ayant la bienveillance du pouvoir judiciaire de leur côté.

La justice a évidemment deux poids deux mesures, l’une pour les amis du président qui jouent à « casser du gaucho », l’autre pour les classes populaires et les travailleurs qui ne bénéficient d’aucune immunité ni traitement de faveur, bien au contraire. Un cas de plus de violences policières, encore la même violence et répression qu’on retrouve dans nos quartiers, dans nos usines et dans nos manifs.