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Politique

Jupiter en visite à Clairefontaine

Une victoire au mondial, le seul moyen pour Macron de gagner en popularité ?

Emmanuel Macron était à Clairefontaine, en compagnie de son épouse Brigitte, mardi 6 juin afin d’encourager les Bleus à quelques jours du mondial en Russie. Suite à ses échecs cuisants sur la scène internationale (notamment suite à son voyage de 3 jours aux États-Unis), Jupiter nous a gratifié d’un double discours qui en dit long sur sa volonté de capitaliser sur une éventuelle victoire des Bleus…

Depuis 1998 et Jacques Chirac, c’est la tradition. Aucun président de la République n’ a dérogé à la traditionnelle visite de courtoisie du président devant le groupe des 23 qui représentera la France lors du mondial. A cinq jours du départ des bleus en Russie, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, a donc rendu visite à l’équipe de Didier Deschamps afin de « partager un moment de convivialité ».
Amateur de football, Macron n’a pas hésité à mettre largement en avant son affect pour l’OM : tout intérêt pour un sport populaire est bon à prendre pour un président profondément déconnecté des classes populaires puisqu’issu de la bourgeoisie française, et ex-banquier d’affaires chez Rothschild. Sans remettre en cause son intérêt pour le football, certainement sincère, Macron sait aussi, surtout, à quel point une victoire en coupe du monde pourrait faire remonter sa côté de popularité.

Macron à son plus bas niveau de popularité

Selon un sondage IfopFiducial qui vient de paraître, Emmanuel Macron est en baisse de 2 points, et atteint désormais son plus bas niveau de popularité depuis qu’il est entré en fonction. Rien d’étonnant : Jupiter est en baisse quasi continue depuis le début de l’année (perte de 10 points en 5 mois). Ainsi, seuls 43% des français approuvent la politique de Macron. Pire, ils ne sont que 30% à estimer que le président des riches est « proche des préoccupations des français ».

Dans ce contexte, et alors qu’il est reparti bredouille de son voyage de 3 jours aux États-Unis afin de tenter de préserver l’accord sur le nucléaire iranien, ce dernier a utilisé un double discours à peine caché afin de capitaliser sur une éventuelle victoire des Bleus. « J’ai confiance en vous. Le pays a confiance en vous. Vous avez un super coach, une super équipe. Faites-nous rêver, emmenez-nous très loin. J’espère vous retrouver dès le 10 juillet », a-t-il dit devant un parterre de journalistes.

Personne n’a oublié la popularité record de Jacques Chirac (entre 63 et 68%) entre les victoires des Bleus au mondial 1998 et à l’Euro 2000. Sur LCI, l’ex ministre de droite Roseline Bachelot, a vu clair dans le jeu du président de la République : « On croit qu’il s’adresse aux joueurs, en fait l’injonction s’adresse aux français. Il ne faut pas cultiver la rancune, il a félicité Grizou même s’il a gagné la Ligue Europa face à son équipe chérie l’OM. Donc il faut accepter la victoire de Macron à la présidentielle. Il faut être uni, cultiver l’effort, se souvenir de sa famille, se souvenir des bénévoles. Et surtout, surtout, faire confiance au chef. Mais c’est bien sûr on croit qu’il parle de Dédé, en fait il parle de Manu. »

Insignifiant sur la scène internationale, Jupiter obligé de miser sur les Bleus

Difficile aussi, dans ce contexte, de ne pas interpréter la citation de Macron, concernant le parcours des bleus – "une compétition est réussie quand elle est gagnée" – sans avoir en tête le modèle de société qu’il défend. Axé sur la réussite, quitte à mettre de côté les plus précaires, les enfants d’ouvriers. Parcoursup et la sélection à l’université en sont un exemple criant…

La journaliste et éditorialiste de RTL Alba Ventura résume peut être le mieux, le deuxième sens du discours de Macron. « Il n’empêche qu’il y a dans le foot une dimension politique. Parce que c’est un sport "populaire" qui touche toutes les catégories de Français. Et quand Emmanuel Macron demande aux joueurs "la deuxième étoile", il leur dit aussi : « Allez chercher la confiance, pour le pays ». »

La poignée de mains entre l’attaquant tricolore Antoine Griezmann et Emmanuel Macron, qui fait remonter à la surface toute la fermeté qui devait ressortir de celle avec Trump, est l’illustration des défaites accumulées par l’ex ministre de l’économie sur la scène internationale. Après avoir raté son coup de force avec le président des USA, avoir tenté, en vain de donner de la voix à l’OCDE, ne pas avoir encore réussi à jouer le rôle de locomotive de l’UE qu’il chérissait tant, Macron se retrouve là, à supplier les astres pour que les Bleus décrochent leur deuxième mondial.

"C’est votre génération qui doit relever la sienne et mettre la deuxième étoile, je compte sur vous", a-t-il enjoint aux jeunes Bleus. Une chose est sûre ce n’est pas Macron qui va relever la tête de qui que ce soit, si ce n’est celles des riches et des patrons.




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