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Politique

Répression à Nantes

« Vous n’avez pas honte de gazer des enfants ? », matraques et lacrymos pour une manif de soutien à NDDL

Après son intervention militaire à Notre-Dame-des-Landes, avec ses 2500 CRS et ses blindés, le gouvernement compte bien réprimer toute action de solidarité avec les zadistes. A Nantes, ce samedi 14 avril, une marche de soutien à la ZAD à été violemment réprimée. Nous relayons ci-dessous une vidéo ainsi qu'un témoignage des violences policières.

Samedi 14 avril – Nantes – Marche de soutien à la ZAD

Nous sommes venus, pacifistes, comme tant d’autres, pour manifester contre la violence que subi NDDL depuis plusieurs jours. Nous étions bien naïfs de penser que manifester était encore un droit en France. A peine une demie heure après le commencement, et alors qu’aucune violence n’était à déplorer de notre côté, les CRS ont dégainés le canon à eau, et ont commencé à jeter des bombes lacrymogènes, sans discernement. Forcé de reculer, le cortège est resté bloqué, se faisant encerclé de toute part par des centaines de CRS. Nous étions séquestrés, totalement bloqués, les CRS faisant un usage abusif des lacrymos. J’ai vu des CRS refuser à des familles avec de jeunes enfants de quitter la manifestation, laissant ainsi des petits se prendre des nuages de lacrymo, riant au nez d’un père qui leur disait « vous n’avez pas honte de gazer des enfants ? ». Alors imaginez leur réaction quand un homme à voulu quitter les lieux avec son chien…Nous nous sommes fait confiner dans une ruelle à coups de bombes lacrymogènes. Des CRS se trouvaient devant nous, d’autres derrière. Impossible de quitter les lieux. Puis, sans aucun ordre au préalable, nous nous sommes fait chargés par une petite armée, boucliers en avant. Ma mère était de dos, elle est tombée, eux continuaient de charger. Si nous n’avions pas tous retenu la charge comme on pouvait, elle se serait fait piétiner. A terre, elle se prenait des coups de pieds, des coups de matraques. Cette bande de lâche matraquait une femme pacifiste à terre. Je filmais la scène, un premier CRS a tenté de m’arracher le téléphone, un second m’a donné un coup de matraque sur la main pour le faire tomber. Puis ils nous ont matraqués, alors que nous étions de dos, tentant de reculer. Nous nous sommes retrouvés dans une toute petite ruelle, et quelques secondes après, ils ont lancés au moins 5 bombes lacrymogènes, alors que nous étions qu’une dizaine, tous pacifistes. Encerclés par les bombes, nous avons dû courir au milieu du gaz, nous brulant la peau, nous brulant les yeux, la gorge. Courir à l’aveugle. J’ignorais où nous étions. J’ignorais comment allait ma mère.

J’ai vu un homme se prendre de la lacrymo directement dans les yeux. Sa faute ? Il a avancé, de manière pacifiste, vers un CRS. Je l’ai vu à terre, peinant à respirer, les CRS riant.

Deux journalistes sont venus nous interviewer, nous posant des questions pertinentes sur ce qu’il venait de se passer. L’hélicoptère de la gendarmerie s’est alors positionné juste au dessus de nous, empêchant la prise de son. Les médias n’ont même plus le droit de faire leur travail : informer la population des véritables évènements.

Certes des pavés ont étés lancés, mais ne venez pas croire que ça vient de nous, que ça vient des Zadistes. Nous avons trouvé dans les K-way noirs des casseurs, des lunettes de soleil de marque, des bonnets noirs et des gros pétards. Ils étaient à la poubelle !! Alors non, ce ne sont ni les Zadistes, ni leurs soutiens qui ont lancé des pavés, qui ont détruit des vitrines. Car cela va à l’encontre de tous nos principes. Le fait que ces vêtements neufs soient à la poubelle ne fait que le confirmer. De plus la violence, envers nous manifestants, de ces personnes en noirs, ne fait pas penser qu’ils étaient des nôtres. Le « Espèce de connard arrête de filmer » d’un homme en k-way noir, à un manifestant en train de filmer les CRS, le confirme. Alors non ces personnes ne sont ni des Zadistes, ni leur soutien. Alors non, la violence ne venait pas de notre camp. Alors oui les agressions permanentes des CRS n’étaient donc absolument pas justifiées.

Le dos meurtri, la peau et la gorge me brûlant encore, c’est totalement écœurée que j’écris ces quelques mots. Nous, peuple pacifiste, sommes fait gazés, matraqués, éjectés à coup de canon à eau pour la seule et unique raison que nous avons osé montrer notre désaccord envers Macron. Alors ça y est, c’est officiel ? Nous sommes en dictature ? Parce que oui, empêcher le peuple de manifester, contrôler les médias, ce n’est pas une démocratie.

Peuple français lève toi, il est grand temps d’agir.
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