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Notre classe

Un délégué CGT en conseil de discipline

Vidéo. Large soutien à Alexis, conducteur de bus RATP réprimé pour son engagement syndical

Ils étaient nombreux ce vendredi pour manifester leur solidarité envers Alexis, militant CGT du centre-bus RATP de Pleyel convoqué en conseil de discipline, sous le prétexte que des propos considérés comme insultants envers la direction de la RATP auraient été exprimés sur une messagerie privée.

L’interview que nous avions réalisée d’Alexis avait déjà beaucoup circulé sur les réseaux sociaux la semaine précédant son conseil de discipline, présageant d’un large soutien. Ce vendredi, la mobilisation était à l’image de la reconnaissance de l’engagement d’Alexis dans la défense des salariés et contre les attaques des gouvernements successifs depuis près de 10 ans : toutes étiquettes syndicales confondues, des travailleurs de différents secteurs de la RATP, des agents communaux de Saint-Denis, ainsi que des cheminots en grève, entre autres, avaient répondu à l’appel.

Parmi les slogans repris en chœur par les militants et dans une ambiance bon enfant, des prises de paroles de militant syndicaux ont précédé sa convocation à 14h. Elles appuyaient notamment le fait que sous ce prétexte fallacieux, c’est en réalité pour sanctionner ses activités syndicales qu’Alexis étaient convoqué. En effet, c’est dans le contexte d’une répression sans précédent à la RATP que s’est tenu ce conseil de discipline, avec près de 300 tentatives de révocations par an depuis la transformation de la RATP en Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial, première étape d’une privatisation prévue pour 2019. C’est notamment le cas de Guy, conducteur de bus qui risque la révocation suite à un acharnement policier hors de son temps de travail, et passe en conseil de discipline ce jeudi 14 juin. Lors de son entretien disciplinaire le 5 juin, de nombreux collègues avaient débrayé pour protester contre cette injustice.

Alexis, qui avait assisté la veille à la rencontre inter-gares des cheminots en grève, a insisté sur les similitudes avec la SNCF et la nécessaire solidarité entre les secteurs : « Au-delà de la RATP il y a le conflit des cheminots, il y en a qui sont parmi nous et on peut les applaudir ! Parce que leur lutte est dure, n’empêche qu’elle contribue à mettre la patate dans tous les secteurs ! ». Puis il a souligné l’importance de rester soudés face à la répression patronale : « Aujourd’hui c’est moi qui suis là, demain on sera là pour tous ceux parmi vous qui vont également passer à la moulinette. Ils ne nous auront pas, c’est nous qui allons les avoir ! On va gagner ! ».

S’en est suivi un envahissement de la salle du conseil de discipline accompagné de chants et slogans, une ambiance qu’on n’avait pas vue depuis un moment à "Lachambeaudie", le petit nom donné par les salariés de la RATP à ce bâtiment qu’ils connaissent un peu trop bien, donnant sur la place du même nom dans le 12e arrondissement parisien. Suite au conseil de discipline, un mois de mise à pied a été requis à l’encontre d’Alexis. La décision du directeur du département bus, qui ne peut être plus sévère que l’avis du conseil de discipline, sera rendue dans un délai de 48 heures à 1 mois. A juste titre, les représentants du personnel ont demandé qu’aucune sanction ne soit prononcée. Quoi qu’il en soit, les soutiens ont promis de rester mobilisés : « on ne te laissera pas tomber ! », s’exclamaient-ils sous les fenêtres de la RATP.

Venus en nombre d’un peu partout, sous différentes couleurs, les militants ont fait une démonstration éclatante de la nécessité de rester solidaire face à ces attaques répétées, donnant l’exemple pour les prochaines batailles à mener.

Vidéo des prises de paroles :




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