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La Izquierda Diario
7 de janvier de 2019 Twitter Faceboock

Manifestation du 6 janvier
Femmes Gilets Jaunes dans la rue : « Nous ne sommes pas plus pacifiques que les hommes »
Elsa Méry

Le lendemain de l’Acte 8, des milliers de femmes Gilets Jaunes ont à nouveau défilé dans de nombreuses villes de France. Si beaucoup d’entre elles ont bien entendu participé à la manifestation du samedi, une date adressée aux femmes et à leurs revendications a également été appelée et largement suivie.

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Crédit photos : À Paris, dimanche. Photo Marie Rouge pour Libération.

Elles étaient plus d’un millier à Paris, des centaines à Toulouse, mais aussi à Montmélimar, Besançon, Rennes, Caen ou encore Tours. Car tout le monde l’a remarqué, les femmes sont en première ligne de la mobilisation des Gilets Jaunes : premières à subir la précarité économique, premières à remplir le frigo, premières à gérer les factures et premières à élever les enfants et à se battre pour leur avenir. Infirmières, aides-soignantes, travailleurs sociales, employées ou ouvrières, elles sont donc nombreuses à tenir les points de blocage et déterminées à se battre jusqu’au bout.

Les médias dominants ont largement couvert cette journée. Si on lit les gros titres ou que l’on suit les chaines d’informations en continu, on est toutefois très surpris d’apprendre que la journée de dimanche aurait été guidée par « une volonté de démonstration pacifiste ». Le Parisien, BFM ou encore Le Monde nous font ainsi savoir que « leur but était de manifester pacifiquement et de donner une image « inédite » du mouvement, alors que les manifestations de la veille ont été marquées par de nouvelles violences. » Flattant l’imaginaire de la femme maternante, sage et douce, ils cherchent à utiliser cette journée de mobilisation pour faire la démonstration de l’existence d’un secteur calme et modéré parmi les Gilets Jaunes.

La réalité est pourtant bien différente. Il suffit tout d’abord d’avoir participé à la manifestation, puis d’écouter les femmes elles-mêmes pour le savoir. A Paris, les CRS ont nassé la manifestation à plusieurs reprises et coupé le cortège pour empêcher les Gilets Jaunes d’emprunter le parcours qu’elles souhaitaient. Solidaires et déterminées, elles ont été nombreuses à se grouper pour pousser et forcer le cordon de flics, malgré les gaz et la matraque. Pas besoin d’hommes pour se défendre. « Macron, t’es foutu, toutes les femmes sont dans la rue ! » scandaient-elles. Une femme témoigne d’ailleurs, après s’être faite gazer à bout portant du côté de la place de la République : « Ils disent qu’on a la haine envers eux ? Qu’ils ne viennent pas se plaindre ! ».

De la même manière, malgré l’insistance de Jean-Jacques Bourdin qui demande avant toute chose s’il est « important de montrer qu’on peut revendiquer dans le calme », Karen Terrier, l’une des modératrices du groupe Facebook « Femmes Gilets Jaunes » interviewée sur RMC, répond clairement que « l’origine de la motivation des femmes n’est pas là. Ce sont les médias qui véhiculent ces images là, on ne pense pas que les femmes sont plus calmes ou plus pacifiques que les hommes ».

Et pour cause, dans cette manifestation, les références au rôle des femmes dans les révolutions sont omniprésentes : Orianne, une autre modératrice du groupe, revendique par exemple le fait que les révolutions ont souvent commencé par des révoltes de femmes, plus exploitées que les hommes et prêtes à partir en premier. On pouvait également croiser des références à la grève historique « Du Pain et des Roses » des ouvrières du textile dans le Massachussetts en 1912. (

). D’autres encore formulent leur combattivité avec humour et inscrivent sur leurs gilets que « si les femmes sont nées sans testicules c’est parce que dieu savait que dans la vie elles auraient des couilles ». Ces femmes précaires sont ainsi, littéralement, en première ligne et elles en ont fait la démonstration dimanche.

Des images et des mots bien éloignés donc du discours médiatique qui cherche à faire passer les femmes pour de gentilles manifestantes quand les hommes seraient les principaux dirigeants de l’offensive contre le gouvernement qui dure depuis des semaines. En réalité, la radicalité des femmes Gilets Jaunes est surtout un très mauvais signe pour celui-ci. C’est la raison pour laquelle il les utilise pour alimenter sa stratégie de division des manifestants et réprimer durement ceux qu’il qualifie de « casseurs ». Le portrait d’un forcené, les yeux injectés de sang et rempli de haine qui veut la peau de Benjamin Griveaux ou la démission de Macron sert à justifier la répression de grande ampleur qu’il met en œuvre. Après l’indiscutable succès de l’acte 8, l’enjeu est de taille. Alors que le gouvernement pariait sur un essoufflement du mouvement, force est de constater qu’il n’en n’est rien et que les Gilets Jaunes sont plus déterminés que jamais. Il reste donc la matraque, comme le montrent les dernières annonces d’Edouard Philippe, et l’espoir que de larges franges se désolidarisent de la colère qui s’exprime. Malheureusement pour eux, les femmes sont aussi déterminées que les hommes à en finir avec ce système injuste et appellent d’ores et déjà à de nouvelles manifestations la semaine prochaine.

 
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